l'ivre d'image

Une fenêtre ouverte sur l'atelier de François Roudot, illustrateur, sur son travail en cours, sur ses projets de dessins et d'histoires, sur ses livres et ses disques préférés...

02 novembre 2007

La forêt de Mogari

« La Forêt de Mogari »
de Naomi Kawase (2007)

la_foret_de_mogari

« La forêt de Mogari » est une expression japonaise qui désigne le période, mais aussi le lieu du deuil, qui, éthymologiquement signifierait « la fin du deuil »…

C’est une maison de retraite à la campagne,
une maison de retraite de style expérimentale, à l’encadrement chaleureux, où « il n’y a pas de règles formelles » .

Elle se trouve à la lisière d’une immense forêt.

Il y a là, entre autres, Sigeki, un vieil homme sombre et malheureux, rendu à moitié fou par la mort de sa femme 33 ans plus tôt.
Il y a là aussi Machiko, une jeune aide-soignante, qui vient de perdre son petit garçon dans un accident.

Machiko prend soin de Sigeki.
C’est son métier, mais pas seulement.
Et peu à peu leur expérience commune, leur deuil toujours à vif, leur impossibilité à « se sentir vivants », va les rapprocher.
Et puis petit à petit les rôles s’inversent, et c’est Sigeki qui s’occupe de Machiko.

Il l’entraîne dans une randonnée éperdue dans la forêt.
Celle-ci est profonde, immense et luxuriante, palpitante,
une sorte de forêt vierge, mystérieuse et magique comme dans les films d’animation d’Hayao Miyazaki (« Mon voisin Tottoro »…).

Ils se perdent au cœur de cette forêt et éprouvent le froid pendant la nuit, l’orage, l’humidité, mais aussi l’entraide.
Mais la forêt les protège et les émerveille plus qu’elle ne les effraie.

Enfin c’est là que l’un et l’autre, seuls au monde, vont trouver la paix, et « se sentir à nouveau vivants »...

"C'est lorsque nous trouvons du réconfort dans des choses immatérielles telles que les sentiments humains, la lumière et le vent, ou l'ombre de quelqu'un qui vient de mourir, que nous pouvons alors assumer notre solitude", dit Naomi Kawase.

« La forêt de Mogari » (le dixième film de Kawase),
n’est pas un film « zen » , pas du tout un film de tout repos, mais un film magnifique.
La prise de vue respire, fluide et très mouvante.
La photographie de la nature est sublime.
Naomi Kawase capte au plus près les sentiments intimes, mais avec légèreté sans appuyer lourdement.


Posté par roudodoudourou à 00:40 - souvenirs écran - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

ahah je savais bien

que c'était toi sur les Lentilles !
merci pour cette critique qui donne envie d'aller voir ce film (mais my God ! je suis déborded completely !).

Posté par Audine, 02 novembre 2007 à 13:53

Merci very much, dear audine.
Parfois c'est compliqué quand on écrit sur deux blogs...
Parfois les textes sont en double...
Mmmmhhh...
Lord, How to do?

Posté par FrançoisR, 02 novembre 2007 à 15:29

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