26 janvier 2008
No Country for Old Men

Des plaines immenses, arides, désertes et brûlantes,
à la frontière entre le Texas et le Mexique.
Un certain Llewelyn, habillé à la cow-boy chasse dans ces plaines( joué par Josh Brolin).
Plus loin, des trafiquants de drogue mexicains occis, criblés de balles.
Une valise de gros biftons au milieu de ces macchabées.
Llewelyn se dit que, ma foi, cet argent arrangerait bien ses affaires.
Et puis, tant qu’à faire - on n’est jamais trop prudent - autant prendre quelques flingues aussi.
Et là ça se gâte tout de suite.
Garder le fric ça ne va pas être facile,
parce que les maffieux de la drogue voudraient bien le récupérer aussi.
Ils lancent sur les pas du pauvre Llewelyn un être des plus étrange,
mi-Golem mi-ange exterminateur,
une figure de la mort avec sa faux et son sablier,
un tueur mélancolique aussi dingue qu’effrayant,
mais affublé d’une coupe de cheveux rigolote,
qui n’hésite pas un instant à dézingué tous ceux qui se mettent en travers de sa route (interprété par Javier Bardem, hallucinant ).
Comme rien n'est simple,
le gang maffieux adverse envoie à la poursuite de Llewelyn et du barjot,
toujours dans le but de récupérer le pognon,
un autre tueur sans scrupule,
un texans pur jus - ça se voit au chapeau, à ses habits, à la carrure et au chewing gum – (Woody Harrelson).
Bref, notre Llewelyn à un sérieux problème sur le dos…
D’autant qu’il se pense le plus malin,
et qu’il tente de garder et le fric, et sa femme, et le magot.
Poursuivant tout ce petit monde,
il y a enfin un vieux shérif désabusé (Tommy Lee Jones),
lui aussi fort mélancolique, qui, malgré son attente, n’a jamais été visité par Dieu.
Affublé d’un adjoint très peu futé, il assiste impuissant au déchaînement de la violence,
et ne peut que constater l'inéluctabilité du mal
et le développement exponentiel du domaine de la tuerie…
Car ce n'est plus un pays pour le vieil homme,
toutes les frontières entre bien et mal se sont effacées,
et les codes d'honneurs jetés aux orties.
Ne reste plus qu'un monde sans Dieu livré sans pitié à la guerre de tous contre tous pour s'emparer du pognon.
Les uns poursuivent les autres sur une route sans fin,
de Charybde en Sylla,
de désert en motels,
de fusillades en fusillades…
"No Country for Old Men" des frères Coen,
adapté du roman de Cormac Mc Carthy,
est un western métaphysique sur lequel plane l'absence de Dieu et la folie meurtrière de l'homme,
où se mêle le tragique et l'humour grinçant,
et dans lequel les protagonistes délivrent en guise de dialogues des aphorismes lapidaires comme des versets bibliques.
Commentaires
C'est le personnage le plus étrange ce Shériff revenu de tout et impuissant face à l'escalade de violence qui l'entoure.
Il y a une résignation chez lui qui laisse penser que la loi est celle des hommes pas celle de la justice qu'il a essayé de servir tout au long de sa vie.
Qu'appellerais-tu la "loi des hommes", Grazie,
si tu l'opposes à la "justice", ?
La justice est produite par l'humanité, non?
Ou veux-tu parler d'une justice transcendante, divine?
Salut François!
j'ai pas lu cette note pasque je veux aller le voir ce film, et comme j'aime pas savoir de quoi il s'agit, c'est promis je la lirai après!!!
OK Benoit, je te comprend très bien et tu as tout à fait raison!
A la prochaine, alors!
je trouve que dans ce film, la violence est trop gratuite ! allez hop que je te tue . Pile ou face ? Face vous avez la vie sauve... Non, sincèrement, je n'adhère vraiment pas à ce genre de film.
Mais tous les goûts sont dans la nature .
Bon et ben ça y est, j'ai vu le film;
ton résumé est très bien ficellé
J'ai bien aimé le flim dans sa trame générale : les dialogues,les personnages, la mise en scène...tout est brillant dans ce nouveau cru des frères Coen,
Sauf que j'avoue avoir été dérouté, au 3/4 du film, dans le scenario...la mort de Moss est restée énigmatique pour moi jusqu'à la fin du film, ce n'est qu'en sortant que je me suis souvenu des méxicains...je me suis demandé aussi comment les persos, vers la fin, se retrouvaient si facilement...bref, petite ombre au tableau qui fait que mon film préféré des deux frères reste quand même "FARGO"....
VOILÀ, C'EST TOUT
A vous Cognac-Jay...
J'avais bien aimé "intolérable cruauté" pour son côté farfelu et manipulateur.
Je n'ai pas vu Fargo mais je vais remédier à ce handicap rapidement.
Je n'ai pas vu le fiml mais je viens de lire le livre. Le shérif me semble fidèle à ce que vous en dites, mais à moi, il ne semble pas résigné. Au contraire, il suit une sorte d'idéal philosophique, qui l'exclut certes du reste du monde, mais auquel il s'accroche de toutes ses forces. C'est une belle forme de résistance je trouve...
Mais peut-être n'est-ce pas très sensible dans le film. Je ne sais pas...
Dans le film il n'a rien d'un résistant, c'est plutôt un mec au bout de ses convictions.
Il a bien du mal a y croire, même si il ne baisse pas complètement les bras.
Résistance ou Résignation
Ben, Grazie, je crois que ça peut être une lecture de son personnage même dans le livre. C'est une question de point de vue.
Quand quelqu'un regarde le monde et n'y comprend plus rien, il devient un brin fataliste, résigné dans le sens où il se dit que la course du monde ne peut plus s'arrêter...
Paradoxalement, il peut aussi s'accrocher à ce qu'il sait, à ce qu'il croit être bon et essayer un brin de vivre en accord avec ça.
Il pourrait se laisser couler avec les autres, devenir une sorte de vieux type aigri...continuer à se la jouer philosophe parmi le marasme (j'ai pas dit "miasme", une fois tu t'étais moqué...), c'est une forme de résistance, sans doute inutile (comme ceux du couple dans le livre de Fallada) mais une résistance salutaire...
Sa résignation, je crois, elle est dans la conscience de la solitude qu'impliquent ses pensées. Mais quand même, comme j'ai une certaine foi en l'homme, je veux y voir de la résistance...mais peut-être suis-je le seul à voir les choses ainsi...
Si un seul homme...enfin, tu connais la suite...
J'espère bien que tu n'es pas le seul quand même, ca serait triste !
Beau dessin
J'aime bien ton dessin.
ça fait plus E. Hopper que Bayard ;-)
réponse- tir groupé
Bon, je répond bien tard,
c'est que j'ai été pris dans une tempète de boulot bien furieuse!
Aussi, voilà que je prend un peu de temps pour répondre à tout le monde :
> Benoit, vois-tu, moi aussi je m'étais mépris sur la fin du film, je croyais que Moss s'en tirait... halala, c'que c'est que d'être dans la lune! "Fargo" reste donc à voir pour moi, ainsi que "Intolérable cruauté" (fffffffui, ce titre fait froid dans le dos!)...
>Télétubs, il ne me semble pas que l'on puisse dire que le shériff est une figure de résistant dans le film. Il est plutôt abbatu, écrasé par l'évolution du monde.
On le serait à moins...
Mais il reste en effet fidèle à ses valeurs jusqu'au bout.
> Bibbled, c'est un surprise et un plaisir de te croiser ici!
Ce qui illustre cette note, ce n''est pas un dessin, mais une photo!
Tu m'honores en pensant que je saurais faire un dessin comme cela!
Mais le clin d'oeil à Hopper est très juste.
"Mais il reste en effet fidèle à ses valeurs jusqu'au bout."
Ah ba tiens, vous m'en voulez, hein ? Et bien, c'est pas une forme de résistance, ça, de rester fidèle à ses valeurs, parmi la déliquescence ?
Quand même un peu quand même, non ? Un p'tit peu, non ? Quand même...
Ah, et à la fin, il démissionne, non ?
Allez, soyez sympa, me cassez pas mon trip...
Plus sérieusement, j'insiste, c'est un point de vue, c'est difficile de juger des personnages aussi complexes, en fait...
Mais ma vision est quand même optimiste, et un télétubs optimiste en vaut deux mon cher....
De la résistance, si tu veux,
moi je veux bien,
mais d'un autre côté,
je crois qu'il ne peut pas vraiment faire autrement,
ilest comme ça et ne peut pas changer...
et sa résistance est un peu inutile, inefficace, obsolète...
On ne le voit pas clairement démissionner à la fin du film,
mais plutôt partir à la retraite.
Enfin si j'ai bien compris!
Bon, je m'avoue vaincu...(même si secrétement, je reste convaincu que résistance inutile, fataliste, reste résistance néanmoins)...
C'est pas tant qu'il puisse pas faire autrement. On peut tous changer, quel que soit l'âge, on peut tous laisser derrière soi ses antiennes et se laisser pourrir ; c'est juste du laisser aller.
Dans le bouquin que je te conseille, Bell tient à des trucs essentiels pour lui, la frontière entre le bien et le mal par exemple, le fait que la vérité soit une chose essentielle et authentique. Même si ça lui fait considérer le monde comme une fosse à purin, il continue sa route, larmoyante, noire, c'est vrai mais il la continue. Il démissionne bien dans le livre et se réfugie dans ce qui lui parait beau. Il renonce au monde mais résiste dans son humanité...
Bon allez, j'arrête de te saouler...promis...
Ho ben non, tu ne me (nous) saoul pas du tout!
Je le lirais bien aussi ce Mc Carthy.
Mais le temps de lire fond comme neige au soleil...
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