13 mai 2008
Carrramba! encorrre rrrraté!

C'est l'histoire d'un président en "perte de vitesse dans les sondages", comme on dit,
qui vient de terminer une piteuse première année à la tête du gouvernement.
Ce président a souvent une image de xénophobe,
en tout cas de passéiste certain avec sa vision de l'"Homme africain"
et du colonialisme, qui, selon lui et quelques autres, a eu un effet "positif".
Il est de plus pour la manière forte et policière envers l'immigration de son pays,
et impitoyable envers ceux qui n'ont pas de papiers.
Il a d'ailleurs été élu grâce à des voix qui allaient auparavant à un parti d'extrème droite.
Ainsi, Aimé Césaire avait refusé de le recevoir il y a quelques années en Martinique.
Il était tout de même allé l'enterré, pas rancunier.
Cette image ne lui convient pas bien.
Il aimerait bien en changer un peu,
il se verrait bien paré d'habits plus sympas, plus humaniste,
mais sans rien changer à sa politique, bien sûr.
Juste un petit "lifting", quoi...
Alors le 10 mai dernier,
à l'occasion de la journée de la commémoration de l'abolition de l'esclavage,
il a annonce avec fracas qu'il voulait que :
«cette histoire (de l'esclavage, donc) soit inscrite dans les manuels scolaires afin que nos enfants puissent comprendre ce qu’a été l’esclavage : afin que nos enfants puissent mesurer les souffrances que l’esclavage a engendré, les blessures qu’il a laissées dans l’âme de tous ceux que rien ne peut délier de ce passé tragique»
et que donc, «la traite des Noirs, l’esclavage, ainsi que leur abolition, seront introduites dans les nouveaux programmes de l’école primaire dès la rentrée prochaine».
Quelle manque de chance!
Cette histoire là est déjà enseignée en primaire,
en CE2, CM1 et CM2 plus précisément.
Ah? et depuis longtemps?
Oh oui, depuis 6 ans, depuis 2002 exactement...
Aaah ben il le savait pas!
Ses conseillers non plus.
Son ministre de l'éducation non plus, d'ailleurs,
qui en février dernier souhaitait aussi introduire cet enseignement!
Personne donc, au ministère,
n'a du lui signaler que c'était déjà chose faite depuis belle lurette!
Que c'est beau à contempler, les rouages parfaits,
idéalement huilés et efficaces,
de la grande mécanique d'état!
Commentaires
Les plus incultes...
... ne sont pas toujours ce que l'on croit...
A force de se faire des gueletons dans des palaces, de prendre des jets privés et de se barricader dans les "gated communities" du côté de Neuilly, comment peuvent ils encore être au courant de ce qui se passe, ici bas, chez nous, les gens ordinaires ?
Mais au final, je les soupçonne de tout savoir, et de multiplier les effets d'annonce, pour faire comme si...
Comme si... ils étaient pleins de créativité, de bonnes intentions, de clairvoyance et de sagesse.
Le père Césaire, il doit se marrer de voir ce charivari, dans la "grande mécanique d'Etat".
Evidemment Doudou, en fait, au point où nous en sommes, on ne sait même plus dire s'ils sont ou pas au courant de ce qui se pratique sur le terrain ...
Non, l'important, comme toujours, c'est de causer. Toujours causer, encore causer. Toujours tenir le crachoir, ne jamais donner l'impression qu'on manque de souffle. Et ce, sur n'importe quel sujet. De toute façon, ils sont tous spécialistes, alors.
... Comme si le silence leur fichait la trouille. Peut-être leur rappellerait-il le vide absolu de leur existence ?
Et la traite des Noirs, dans tout ça, doit pas être leur préoccupation principale, s'pas ?
Quelle hypocrisie avec Aimé, alors que les enfants d'outre mer pouvait lire un texte de ce grand monsieur sur leur manuel scolaire un ministre de l'éducation bien intentionné l'a tout simplement fait retirer !
Son nom, une victime de la politique non représentative, un mou du bulbe plein d'ambition (au moins autant que Sarko) un certain Bayrou !
Il était pourtant de la fête et il y est allé de son discours aussi ce brave imbécile !
Story telling
Bienvenue, Fremen,
Césaire se marre-t-il là où il est...
rien ne me porte à le croire, mais enfin..
Comme vous le dites tous, oui,
multiplier les déclarations, les prises de paroles,
imposer son agenda,
ne pas laisser à l'opposition le temps de réagir.
Cela comporte forcément des sorties de routes,
des erreurs de pilotage,
des dérapages (voir le non-vote de la loi sur les OGM)
mais qui s'en soucie vraiment?
Le lendemain s'est oublier,
chasser par une nouvelle déclaration,
un nouveau story-telling...
Sarko compte qu'il en restera quelque chose,
une impression de téléspectateur de TV,
un sentiment vague,
qui bien sûr, ne sera contredite par aucune contre-enquête, aucun démenti.
C'est bien ce que l'on voit, d'ailleurs,
ça passe pratiquement comme une lettre à la poste!
L'esclavage, non, ça n'est pas "leur" préoccupation, Archie,
ils s'ingénient même à le faire perdurer,
en maintenant toute une population sans papiers,
corvéable et jetable à merci.
Grazie, je ne connais pas l'histoire dont tu parles sur Césaire et Bayrou,
mais en gros j'ai compris.
Bayrou aurait vraiment fait pression pour retirer une texte de Césaire d'un manuel, ou d'un programme?
Les manuels scolaires comportaient un texte sur l'esclavage que tous les enfants lisaient au moins une fois dans leur vie.
Bien sur ce n'était pas un texte qui valorisait la colonisation alors notre gentil petit Bayrou l'a fait retirer en faisant un travail de fond sur le côté abscons de l'œuvre du Monsieur qui était déjà peu lu par ses pairs !
Lui aussi est un type dangereux sous ses airs de notaire de province, il est convaincu que la France a besoin de lui !
Quant à l'immédiateté des décisions, le zapping permanent de l'actu c'est le fruit d'un président moderne pour qui agir va avec ne pas réfléchir !
On est bien d'accord!
Du coup...
La question qui se pose, c'est : comment pouvons-nous parvenir à faire en sorte que soit sauvegardé le sens des choses d'importance ?
Parce que détruire le présent est une chose, mais détruire le passé, c'est encore pire.
Sur quoi allons-nous devoir reconstruire ? Plus le temps passe, plus ça m'inquiète. Et on est au bout que d'une seule année !
J'ai lu dans le canard qu'il s'en prenait à Chirac, le passé récent aussi doit mourir ?
De toute façon on a beau réfléchir, s'inquiéter, on assiste tranquillement à la fin d'un monde qui va donner naissance à une nébuleuse non identifiée !
champs de ruine
Oui, Dorham,
face à nous bientôt un champs de ruine,
un champs de bataille ravagé,
des décombres de démocratie et de républiques,
dans lesquels on aura dressé les uns contres les autres
fonctionnaire et salariés,
vieux et jeunes,
pauvres et riches, etc...
Comme toi, je suis sincérement inquiet,
et je ne "vois" pas du tout l'avenir.
Grazie, oui, il s'en est prit à Chirac,
à qui ne s'en est-il pas prit?
À la presse aussi, récemment,
comme si elle ne lui avait pas largement rendu service...
Champs de ruine
Déguisé en réforme qui plus est.
Parce que pour tout ce qui est important, rien n'est fait. Tiens, les profs en ce moment. Le refrain de droite, c'est de dire : "il y a de plus en plus de profs et de moins en moins de résultats"...
Putain.
Pas un seul journaliste pour mettre en rapport l'évolution des postes de professeurs en rapport avec la croissance démographique. Pas un seul.
ça, c'est la première chose.
Mais alors, si l'échec scolaire est le nerf de la guerre, pourquoi ne pas garder les mêmes effectifs et réformer en profondeur les modes d'apprentissage ?
Parce que si l'effectif actuel n'empêche pas l'échec scolaire on sait forcément que sa baisse l'accroitra.
Nier cette relation de cause à effet, c'est irresponsable. Et si avec nos impots on voulait payer des profs ?
Ce n'est qu'un exemple, mais cette destruction programmée de notre solidarité éducative est très symptomatique ; déjà que nous avons une jeunesse en singulier manque de repères, là, on va dans le mur...tout droit, le nez chaussé de rayban ultra-violet-vulgaire...
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