l'ivre d'image

Une fenêtre ouverte sur l'atelier de François Roudot, illustrateur, sur son travail en cours, sur ses projets de dessins et d'histoires, sur ses livres et ses disques préférés...

29 juillet 2008

Le centième

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Ceci est le centième billet du Livre d'Image!

J'en profite pour changer un peu.
La bannière et deux ou trois autres choses.

Mais le Livre d'Image continue son chemin...

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27 juillet 2008

Johnny Griffin, le dernier vol du griffon

Fini.

On n'entendra plus Johnny Griffin en live.

Il est mort le 25 Juillet à l'âge de 80 ans, en France, où il vivait depuis plus de vingt ans.

Je l'apprend tout juste sur le blog de Z, ou l'on apprend toujours tant de chose.

Johnny Griffin était un petit bonhomme d'un naturel jovial.

Il n'était pas bien grand, ce qui lui valu peut-être son antinomique surnom de "Little Giant"...

"Petit géant", moi je veux bien, mais il n'est guère aisé de devenir un géant soi-même, quand tout autour de soi grandissent des Charlie Parker, des Lester Young, des Sonny Rollins, des Wayne Shorter, des John Coltrane...

Pourtant, il pousse parfois de bien belles choses au pied des arbres géants.

Car si Griffin n'était pas très grand par la taille, sa musique était du genre tonique voire explosive, bourrée d'adrénaline jusqu'aux oreilles, avec un son à casser la baraque.

Il affectionnait les défis casse-cous, les courses poursuites sur tempos d'enfer, les morceaux de bravoure dans lesquels on se lance tête baissée, comme dans une mêlée ouverte.

Mais même à ce rythme, il ne se contentait pas - comment certains - de formules toutes faites, mais trouvait toujours de bonnes idées, des trouvailles, des pépites et des citations venant à point nommé.

Ainsi fit-il au côté de Monk dans "Misterioso", de Wes Montgomery dans "Full House", de Coltrane en personne dans "A Blowing Session"...

Ainsi que dans la vidéo ci-dessus, captée au Village Vanguard de New-York, avec Ronnie Matthews au piano, Ray Drummond au la contrebasse et Kenny Washington à la batterie.

Ou encore comme il le fit lorsque je le vis sur la scène du Parc Floral à Paris, il y a six ou sept ans de cela. Entre les morceaux, en digne Dionysos du jazz qu'il était, il déblatérait avec force rire et une volubilité un peu tanguante, des tas de gentillesses sur la France en général, et sur son vin en particulier!

PS : Lire aussi la belle évocation de Griffin par Dorham.

Posté par roudodoudourou à 22:26 - fuite de jazz - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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19 juillet 2008

guili-guilis et autres supplices

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C'est simple,

c'est frais,

c'est ludique,

c'est les vacances,

c'est sans commentaire!

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C'est une partie de rigolade à la plage avec guili-guili et autres tortures...
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... et à la fin, c'est le plus petit qui gagne!

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Publié dans "BABAR" (Bayard Presse) du mois de juillet.

Posté par roudodoudourou à 00:34 - travail en cours - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 juillet 2008

Peter Doig

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Chouette!

On peut à nouveau être un artiste contemporain
et faire de la peinture sans passer pour un ringard!
De la peinture figurative, en plus!

Courrez voir l'expo de Peter Doig, avant le 7 septembre prochain,
au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris!

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On y voit quoi?

Des paysages somptueux,
noyés dans une lumière aveuglante d'hiver et de neige,
ou au contraire se diluant, se liquéfiant, dans la chaleur des tropiques.

On y voit aussi des personnages un peu perdus,
de sombres sous-bois,
des canoës à la dérive,
des présences faunesques à la limite entre humanité et mythe,
des apparitions fantomatiques et étranges
des figures évanescentes fondues dans la nature….


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Tout un monde magique,
empli d'une inquiétante étrangeté,
silencieuse et troublante.

Un monde très stimulant pour l'imaginaire,
qui invite à la rêverie, et à l'invention de récits.

Un monde qui procure un sentiment de flottement et de rêve éveillé,
Un monde traversé de reflets, d'éclats de lumières,
de transparences, de superpositions…

Un monde dans lequel ordre et désordre,
apparition et dissolution,
s'opposent et se composent.…

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Mais le vrai sujet de la peinture de Petr Doig,
c'est bien sûr la peinture elle-même,
le choc de la couleur,
les multiples effets vertigineux,
les taches de couleurs,
les coulures et les transparences d'une grande fluidité,
tout un jeu de textures s'étalant sur des formats immenses.

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Peter Doig est né en 1959 à Édimbourg,
mais vit actuellement au soleil, à Trinidad et Tobago.

Il va bien, merci,
c'est l'un des artiste vivant qui se vend le mieux,
l'un des "plus chers", comme on dit.

Mais heureusement,
ça ne l'empêche pas d'être l'un des artistes les plus passionnant du moment.

Posté par roudodoudourou à 12:30 - bozart/bazart - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 juillet 2008

Comment c'était

Anne Atik
"Comment c'était : souvenirs sur Samuel Beckett"
(Points-Seuil)

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L'auteur, la poétesse américaine Anne Atik,
a connu Samuel Beckett par l'intermédiaire de son mari, le peintre Avidgor Arikha,
qui était un ami très proche de Beckett depuis le début des années 50.

Ils rencontrent très régulièrement "Sam",
jusqu'à sa fin 1989, dans une maison de retraite...

Que font-ils ensemble?
D'abord, à la Closerie des Lilas, à la Coupole, ils boivent sec, très, très sec...

Ils écoutent aussi de la musique avec énormément d'attention,
et comparent des interprétations - surtout des lieder - de Schubert, Beethoven, Brahms,
- Beckett n'aime ni Bach ni Mahler! -...

Mais surtout ils récitent ensemble des poèmes.
Car Beckett connait par coeur quasiment toute la poésie anglaise, de Shakespeare à Yeats.
Mais il connait aussi la poésie Allemande, toujours en VO, de Goethe à Trakl.
Mais encore Dante, qu'il connait comme le fond de sa poche, et en italien.
Mais enfin la poésie française, avec une préférence pour Appolinaire et Verlaine.

Enfin il connait par coeur de grands passages de l'Ancien et du Nouveau Testament,
avec une préférence pour Saint-Luc,
même si Beckett n'est bien sûr pas du tout croyant.
mais il s'intéresse à ces texte pour leur charge poétique.

Enfin, il est une très grand "regardeur" de peinture,
- ce qui n'est pas si courant pour un écrivain -
ayant acquis une connaissance très précise de quantité de peintures modernes et classiques,
vu dans de nombreux musées dans le monde.

C'est ce qu'on peut appeler un homme de culture,
un homme imbibé de culture - plus que d'alcool! -
transportant en son for intérieur l'essentiel de la culture occidental.

Aussi Anne Atik peut-elle écrire :
"Beckett était poète jusque dans la moindre de ses fibres;
en sa présence, la poésie était aussi envahissante que l'oxygène."

Ce qui ne l'empêche nullement de se mettre à la portée des enfants d'Anne et Avigdor,
avec beaucoup de simplicité et de tendresse.

Anne Atik monte comment ces différents éléments ont nourris l'oeuvre de Beckett,
comment tel passage de poème, ou verset biblique, ou tel tableau,
se trouve réutilisé dans ses livres.

"Comment c'était" de Anne Atik (le titre est un clin d'oeil à "Comment c'est" de Beckett)
est une approche intime, émouvante et très belle de l'oeuvre troublante du grand "Sam"
- l'un des plus beau visage du XXème siècle! -.

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Posté par roudodoudourou à 11:49 - l'ivre de livres - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juillet 2008

Henri Texier Strada Sextet (Jazz un jour d'été II)

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Suite de du concert du 21 Juin dernier au Parc Floral,
concert au cours duquel j'ai crayonné pour vous!

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La "furia" de Jef Lee Johnson retomba après un rappel tout bref mais tout beau.

C'était alors au tour du bassiste Henri Texier de monter sur scène avec son Strada Sextet,
composé de son fils Sébastien Texier à la clarinette, clarinette-alto et saxophone alto,
de François Corneloup au saxophone baryton,
de Gueorgui Kornazov au trombone,
de Manu Codjia à la guitare électrique,
et de Christophe Marguet à la batterie.

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Texier me fait imanquablement pensé à un autre bassiste et leader de groupe : Charles Mingus.
Comme lui, il met sur pied des orchestres copieux de jeunes turcs qui n'ont pas froid au yeux,
et comme lui, il leur fait jouer des compositions de son crue de toute beauté.

Comme Mingus, on dirait qu'il conduit son orchestre comme un bolide,
qu'il n'hésite pas à appuyer sur le champignon,
à prendre les virages en épingle à cheveux,
à faire vrombir le moteur,
à faire crisser les pneus,
à déraper...

Comme ici dans "Ô Africa",
morceau avec son Strada Sextet,
paru sur le disque "Water Alert"en 2006,
et où François Corneloup dépote sacrément!:

boomp3.com

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Tandis que les jeunes loups de son orchestres - tous ont 20 ou 30 ans de moins que lui! - se démènent comme des beaux diables,
faisant rugir leur solos dans des embardées free échevelées,
Henri Texier reste calme, assis sur un tabouret,
l'oeil goguenard parfois, comme qui à fait une bonne blague.

comme une sorte de Bouddha serein au milieu des convulsions du monde.

Henri Texier contrebassiste n'est pas qu'un "meneur de danse",
qui assoit le tempo, le rythme, et propulse les solistes,
c'est aussi un des rares contrbassistes qui font littéralement "chanter" leur instrument,
un peu à la manière d'une kora africaine...
Aussi ses solos sont incroyablement passionnants.

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Mais la Musique de Texier n'est point toujours furieuse et convulsive.
Il n'a pas son pareil pour écrire aussi des composition douces,
des ballades en apesanteurs,
des petits "airs" plus légers,
mais riche d'un grand sens mélodique et harmonique...

Témoin ce "Reggae d'eau" toujours sur "Water Alert" :

boomp3.com

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On peut voir le groupe au Duc des Lombards .
C'est tout à fait - en condensé - le genre de set qu'ils ont fait au parc Floral...

Il Faut aussi VOIR les musiciens!

(Un petit mot pour les lecteurs du L'ivre d'Images qui ne sont pas forcément fous de jazz :
j'en ai pas mal parlé ces temps derniers pour différentes raisons,
mais là je vais faire une pose, rassurez vous!)

Posté par roudodoudourou à 23:42 - fuite de jazz - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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