copland

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"Dark Territory" / Marc Copeland ( in "Poetic Motion" - 2001 - )

C'est avec le disque "Poetic Motion" - en 2002 ou 2003 - que j'ai découvert Marc Copland.
À cette époque aussi que j'ai été le voir jouer - toujours en solo -
dans le cadre de Jazz à la Villette.

En Marc Copland, on reconnait un disciple - ou du moins un héritier - de Bill Evans.
En effet, comme Bill Evans, Copeland adapte à l'improvisation jazz le langage musical des musiciens impressionnistes français : Debussy, Satie, Ravel…
c'est à dire des effets d'irisations harmoniques,
de diffractions rythmiques et de reflets modaux,
qui évoquent les toiles de  Monet, Sisley, Renoir.

On imagine des strates de lumière un peu voilées,
produisant un effet quasi-hypnotique qui nous plonge dans une sensibilité ouatée,
dans une sensualité ondulante et aquatique…

Comme un peintre posant ses touches de couleurs,
Copland use d'un toucher délicat, sans heurt,
riche de variations chromatiques et harmoniques.

En compagnie d'autres musiciens - Dave Liebman, Greg Osby, Bill Carothers - Gary Peacock… -
Copland envoûte par cet art du dialogue intimiste et serein,
par cette façon de mener une discussion en marge du fracas du monde,
comme une musique de chambre, feutrée, mais élégiaque.

On comprend alors que Marc Copland privilégie les tempos lents et les ballades,
qui lui permette de sculpter dans l'air et le silence,
des interprétations toutes en délicatesse et nuances,
jamais mièvres ou racoleuses, mais riche d'une rêveuse mélancolie,
qui déploient un  art poétique de l'intériorité,
dédié à la fragilité de l'instant et à l'évanescence des choses,
avec une sensibilité toute chinoise de la suggestion et de l'effleurement.

Boomp3.com"Vignette" / Marc Copland trio (in "Voices" - 2007 )

Pourtant pianiste, Marc Copland ne l'a pas toujours été

Il né en 1948 à Philadelphie.
Dès le début des années 1960, il entame, sous le nom de Marc Cohen, une carrière de… saxophoniste!
En 1966, il monte à New York et s'essaye au saxophone alto electrique…

Mais l'insatisfaction le gagne,
il se sent limité dans le cadre de cet instrument fondamentalement mélodique,
impropre à rendre la musique qu'il écrit, de plus en plus complexe sur le plan harmonique.

Aussi, entre de 1973 et le début des années 80,
Il se dédie à l'étude du piano.
Et en dix ans à peine, il devient un étonnant pianiste virtuose,
l'un des plus capable de faire chanter le piano.
Ses premiers disques en tant que lieder paraissent à la fin des années 1980,
alors qu'il a plus de 40 ans.

Pour rattraper le retard, peut-être, il a depuis beaucoup enregistré.
Je ne connais pas tout, mais je recommande ses disques en solo :
Poetic Motion (Sketch, 2001)
Time Within Time (Hatology, 2005)

En compagnie du flayboyant saxophoniste Dave Liebman,
aussi volcanique que Copland est aquatique :
Lunar (Hatology, 2001)
Bookends
(Hatology, 2002)


Avec le saxophoniste alto introverti Greg Osby :
Round and Round (Nagel Heyer, 2003)
Night Call (Nagel Heyer, 2004)

Ou encore avec le contrebassiste Gary Peacock pour un dialogue intense,
au bord du murmure : 
What it Says (Sketch, 2004)

En duo de deux piano, avec Bill Carrothers,
pour un voyage sur de longues lignes mélodiques sinueuses et voyageuses :
No Choice (Minium, 2006)

En trio  de forme inattendue, avec John Abercrombie (g) et Kenny Wheeler (tp)
That’s For Sure (Challenge Records, 1999)

Ou encore dans de savoureux trio piano-basse-batterie,
de facture un peu plus traditionnelles,
mais qui offre une belle entrée dans les landes de Marc Copeland :
Haunted Heart and Other Ballads (Hatology, 2001) avec Drew Gress (b) et Jochen Rueckert (dr)
Modinha/ New York Trio Recordings, Vol. 1  (Pirouet, 2006), avec Gary Peacock (b) et Bill Stewart (drs).
Voices /New York Trio Recordings, Vol. 2 (Pirouet, 2007) avec Gary Peacock (b) et Paul Motian (drs)

Enfin, pour en savoir plus, Marc Copland à son site.

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Ce billet est publié dans le cadre collectif des "bloggeurs jazz",
aussi connus sous le nom du Z-band.

Cette fois-ci, nous avons tous décidé d'évoquer un pianiste de jazz.

J'ai choisi Marc Copland,
Z , quand à lui, nous entretiendra de Bheki Mseleku,
Ptilou de Jean-Michel Pilc,
Belette, de Andy Emler
Jazz Frisson, de Marco Benevento
Jazz à Paris, de Jobic Le Masson
Damien/Native dancer, de Sylvie Courvoisier
Bill Vesée : de Craig Taborn.

Courez les lire!...