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Une fenêtre ouverte sur l'atelier de François Roudot, illustrateur, sur son travail en cours, sur ses projets de dessins et d'histoires, sur ses livres et ses disques préférés...

210609

La tambouille vaudou d'Anthony Joseph & the Spasm Band

Ce billet s'inscrit dans un projet du désormais célèbre Z-band,
collectif à géométrie variable regroupant des bloggeurs timbrés de jazz.

Nous avons choisi de parler cette fois-ci des voix qui nous tiennent à coeur.
Cette édition pourrait avoir comme titre A CHOEUR et à VOIX.

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Trinidad,
pas la ville du Belize, ni celle de Bolivie, ni celle de Cuba, ni celle de Colombie, ni celle du Paraguay, ni celle d'Uruguay, ni celle du Colorado, ni celle de Californie, et pas non plus celle du Texas, ni celle de l'île de Bohol aux Philippines…

Non, Trinidad la principale île de l'État des Caraïbes Trinidad & Tobago,
dans la mer des Antilles, en face du Venezuela.
Ancienne île-du-Vent sous colonisation britannique.

L'île est un melting pot de noirs, hindous, mulâtres, chinois, libanais, européens, sud-américains, plus quelques rares descendants des indiens Caraïbes, les fameux Arawaks.


Découvrez Anthony Joseph & The Spasm Band!

 

 

C'est là, à Trinidad, qu'est né Anthony Joseph, en 1966.

Ses parents, qui se sont rencontrés un jour de Carnaval,
ne tardent pas à se séparer,
alors que le petit Anthony a un an, à peine.
Il est alors confié à ses grands-parents,
qui l'éduquent d'une façon stricte et austère.

Pour s'échapper en lui-même, Anthony Joseph écoute beaucoup la radio,
et découvre avec délice James Brown, les Jackson 5, Jimmy Hendrix, Bob Marley, Fela,
et ces influences se sont mélangée avec la musique de la Trinidad,
musique des steel-drums de carnaval,
du calypso, et des autres rythmes caribéens.

En 1989, il part à Londres,
au cœur de l'ancienne puissance colonisatrice,
pour échapper à l'emprise rigoriste de ses grands-parents,
mais aussi avec le secret désir de devenir musicien.
S'il y est indéniablement parvenu, 
Anthony Joseph se revendique pourtant surtout comme écrivain,
romancier, mais plus encore poète,
et aussi professeur de littérature.

Il est ainsi l'auteur de livres aux titres savoureux et alléchants,
tel ce roman de science fiction : “The African Origins Of UFOs”
- quelque chose comme "l'origine africaine des ovnis" (!) -
malheureusement pas encore traduit en français.


En tant que poète, Anthony Joseph s'inscrit, comme il le dit lui-même,
dans "une chaîne de griots",
dans cette tradition des hauts parleurs de la parole,
tradition qui part de l'Afrique,
puis passe par les preachers des grand-messes baptistes,
puis par la Soul Music de Gil Scott Heron et des les Last Poets,
le reggae de Linton Kwesi Johnson,
la poésie jazz d'Amiri Baraka,
et se prolonge dans le rap, le slam, le spoken word.
Comme ces derniers,
Joseph Anthony s'est créé son propre "sprachgesang",
son propre "parlé-chanté",
pour rythmer, scander, déclamer ses propres textes.

Parmi ses influences, il cite pèle mêle :
Allen Ginsberg, William Burroughs, Sun Ra,  Roland Barthes, André Breton, Funkadelic, Gil Scott Heron, Charles Bukowski, Aime Cesaire, John Coltrane, Albert Ayler, Basquiat, Thelonious Monk, Amiri Baraka, LKJ, Fanon, Charles Mingus, Rashaan Roland Kirk, Foucault, James Brown…

Au milieu des années 90,
Anthony Joseph a agrége autour de lui le Spasm Band,
un trio basse+ percussions + saxophone,
avec lequel il grave son premier album  « Llego de lion »,
et qui ne tarde pas à attirer l'attention.

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À ce groupe de base, se sont ajoutés un guitariste et des percussionnistes,
et des invités qui ont apporté leur grain de sel :
le vibraphoniste électrique David Neerman,
le tromboniste Joe Bowie, fondateur du groupe Defunkt,
et le guitariste blue-funk bien connu Keziah Jones.

C'est ce groupe élargie qui a gravé "Bird-Head Son',
le deuxième album du groupe.
Anthony Joseph y chante Trinidad et sa jeunesse,
l'histoire de Vero, la diablesse vampirique,
la tendresse de sa grand-mère,
la rudesse de son grand-père,
les non-dits le séparant de son frère,
ou encore l’âme d’un ami retrouvé au milieu de la jungle…

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La musique du Spasm Band, sur laquelle Anthony Joseph pose sa voix ,
est un incroyable mixage de musiques aux grands pouvoirs énergétique :
on y trouve des lignes de basse soul (Andrew John),
des percussions afro-caribéennes (Paul Zimmerman, L-R Paul Brett, Craig Tamlin),
un sax free-jazz tendance Pharaoh Sanders (Colin Webster ),
des contre-chants de guitare afro-beat (Christian Arcucci ),
l'ensemble se révélant être d'une miraculeuse cohérence,
génératrice de transes et de pulsations jubilatoires.

Comme le dit Anthony Joseph :
« J’aime à penser que nous jouons la bande-son d’un territoire
où toutes les diasporas noires se retrouvent ensemble.
L’Afrique, les Amériques et les Caraïbes en un son.
»

Anthony Joseph & The Spasm Band
au London word Festival, Cargo, le 11 mars 2008,
jouent "Black Dada" de leur premier album "Leggo de Lion"

Pour aller plus loin, on peut consulter leur myspace,
les écouter sur Deezer,
et les voir sur You Tube.

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Voici les autres contributions du Z-Band sur A CHOEUR et à VOIX :
Jazz à Paris : Jazz Divas
Ptilou's blog : Elisabeth Kontomanou
Mysterio jazz : Jeanne Lee
Belette et Jazz : Musica Nuda 
Maître Chronique : Kurt Elling
Z et le jazz : Betty Roche
Jazz O Centre : Patricia Barber
jazz frisson : Karen Young

Posté par roudodoudourou à 22:46 - fuite de jazz - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

contemporain tt plein

Là, le "multiculturel" nous ravit au tournant.

Posté par Enneigée, 220609 à 06:24

> Enneigée

> Bienvenue Enneigée.
Oui, je suis d'accord avec Edouard Glissant,
on assiste à une "créolisation" du monde,
et c'est parfait comme ça.

Cependant l'histoire du jazz est une histoire de créolisation, depuis le début.

Posté par roudodoudourou, 220609 à 08:52

Antony J.

Total découverte ! même le nom !
Et c'est tant mieux
;-)

Posté par ptilou, 220609 à 11:10

> Ptilou

Ravi de te l'avoir fait découvrir!
C'est fait pour ça, le Z-Band!

Posté par roudodoudourou, 220609 à 11:57

Something else !

Tu nous aides à décrasser nos oreilles et nos préjugés. Thx !

Posté par dolphy00, 220609 à 19:09

> Dolphy00

Merci Dolphy!

Quels préjugés?
Toi, des préjugés?

Posté par roudodoudourou, 220609 à 19:27

De A à Z

Anthony J au sein du Z Band!

Merci pour cette découverte ensoleillée, cher ami!

Trés intéressant!

Jean Francois

Posté par Jazz Frisson, 220609 à 20:22

Ton précédent post sur lui m'avait déjà mis l'eau à la bouche. A suivre, bien sûr !

Posté par Bill Vesée, 220609 à 22:20

> Jazz Frisson >Bill Vesée

> Oui, en effet, Anthony Joseph apporte un sacré coup de soleil sur notre grisaille.
Merci JF.

> Bill, à suivre, oui, on lui souhaite de grandes choses, la gloire, la fortune, la richesse!

Posté par roudodoudourou, 220609 à 22:38

Je me contenterai de lui souhaiter du bonheur en retour.
Je n'y connais fichtre rien en Jazz, mais il y a du Fela là dessous, et tu me fait revenir un vieux souvenir d'un concert de Sun Ra aux halles Baltard à Paris (j'ai dit un vieux souvenir) étonnant, costumé, allumé.

Posté par la Mère Castor, 230609 à 09:05

>Mère Castor

Ah oui, tu as raison, Mère Castor,
du bonheur, aussi,
tant qu'on y est!

Oui, il y a du Fela "là-dessous",
tu as raison,
il me semble d'ailleurs que ce dernier revient à la mode...

Sun Ra, je connais très très mal.
Mais c'est sans doute un musiciens qu'il fallait voir aussi,
et qui perd de son intêrét en disque.

Posté par roudodoudourou, 230609 à 16:06

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