27 mai 2008
Une ballade au Louvre
C'était une belle ballade dimanche dernier au Louvre.
Nous sommes allés visiter cette partie du Louvre qui expose depuis peu une collection d'art africain, océanien, améridien et asiatique, ce que l'on regroupe maintenant sous le terme d'art premier.
L'occasion, pour petits et grands, de sortir son carnet et de crobarder!

Il y avait cet étonnant personnage tout en longueur,
une grande sculpture pré-dogon.

Une suberbe Nativité Dogon,
frustre et dépouillé, mais très émouvante,
rappelant les Nativités romane du Moyen âge.
Cette oeuvre est d'ailleurs datée du XIVème siècle...
C'est d'autant plus curieux que le thème de la nativité n'est pas si courant en Afrique.

Une très marrante cuillère rituelle Zoulou aux formes féminines,
qui fait irrésistiblement penser à Picasso.

Une très impressionnante représentation du Dieu Gou, du Bénin,
dieu du feu et de la guerre,
une sculpture grandeur nature en métal,
qui rappelle les représentations des dieux du vaudou...

Un "poteau de maison cérémonielle" des iles Salomon,
tout à fait coquin et kamasoutresque!

Un masque ricanant et hallucinant de Hawaï,
en fibres tressé,
aux yeux en coquillages,
et au dents...
en dents de chiens...

Une toute petite statuette aux formes aérodynamiques des iles Carolines.

Et pour finir un adorable masque Inuit représentant un bonhomme tout désolé...
17 mai 2008
Un Arp dans les mains

Mercredi et jeudi dernier, j'ai fait un petit boulot inhabituel.
J'ai travaillé comme type à tout faire dans une grande galerie parisienne
-la galerie Denise René -
pour aider à monter une exposition de sculpture.
J'ai fait un peu de tout :
sortir les caisses du camions avec les transporteurs,
déballer les dites caisses,
dépiauter les sculptures de tous leurs emballages de papier, bullespack, carton, polystyrène,
remplir des tas de sacs poubelle avec tout ces bidules,
courrir après le camions poubelles pour les jeter dedans,
monter les sculptures qui arrivent en plusieurs parties,
dont une, en granit, un vrai casse-tête pour comprendre comme la monter,
dont une en fonte hyper-extra-maxi lourde,
disposer des socles ici ou là,
puis les redéplacer, puis une fois encore jusque ça soit bon,
poser sur les socles des sculptures lourdes en marbres,
ou coupante en métal,
ou fragiles en verre,
nettoyer les socles avec une éponge pour qu'ils soient nickel,
caler les socles bancales,
briquer des sculptures en cuivre pour qu'elles brillent bien,
et nettoyer celle en métal à mille facettes pleine de poussière pour qu'on se voit bien dedans,
chercher dans les archives les anciens catalogues des artistes exposés,
disposer es catalogues dans des vitrines avec goût,
aller à la FNAC chercher des bidules que le responsable de la galerie n'avait pas le temps d'aller chercher,
visser une vis pour accrocher un tableau relief en plomb et néon,
emballer un tableau qui trainait et le ranger dans les réserves,
dabord ranger les réserves,
et, quand c'était bien ranger,
tout redéranger afin d'aller chercher les verres pour le vernissage planquer tout au fond de la réserve,
puis ranger à nouveau la réserve,
poster des lettres, et...
aller chercher le vin pour le vernissage
(ou, bien sûr, je n'étais pas convié!).
Et il y eu un moment magique.
Quand j'ai pris un instant dans mes mains un petit Jean Arp,
une petite sculpture en plâtre,
un peu comme celle que l'on voit sur la photo ci-dessus,
légère mais dense,
et horriblement précieuse (30 000 ou 40 000 euros, je crois...).
Je me suis bien-bien lavé les mains,
me les suis bien-bien séchées (important pour le plâtre!),
j'ai respiré un grand coup,
et je l'ai porté sur quelque mètres,
comme un papa débutant portant avec précaution son bébé nouveau né.
J'ai pensé à Stephan,
qui me dit toujours que je suis un grand maladroit qui renverse toujours un truc sur mon passage
(pure calomnie!)
J'adore Arp,
c'est l'un de mes artiste préféré.
J'adore la poésie réveuse de ses sculptures et peintures,
aux formes organiques, douces, vivantes,
et qui ont toujours des titres chargés de mystère et de poésie
(Arp est aussi un poète qui écrit des poèmes).
Il est pour moi de la famille de Miro et Klee.
Je passe toujours de long moments au Centre Pompidou à contempler ses sculptures,
rêvant de les toucher, de les caresser.
Et me voici donc avec l'un d'eux entre les mains,
moment aussi bref qu'unique et fascinant,
dans la vie d'un type à tout faire.
04 mai 2008
totems et bouts de bois 3 (et fin)

Pour cette dernière série,
je vais rebondir sur certaines de vos remarques,
Ô chers lecteurs du "L'ivre d'images",
pour m'aider à voir comme "du dehors" de moi-même ces êtres étranges.

> Dorham :
tu fais bien de parler de "création bric-et-de-broc".
En fait mon père appartient à une génération qui ne sait rien jeter :
il a tout garder dans les caves et greniers,
- véritables territoires de rêverie bachelardienne infinies -
le moindre bout de bois,
clous rouillé,
bout de polystyrène,
couteau sans manche,
lampe grillée,
ficelles,
fragments de meuble démantibulé,
cartons...
Ce sont tous ces objet de rebus dont j'ai fait mon miel dans ces constructions,
au grès des trouvailles et des rencontres de formes et matière.

> Archie :
Tu dis que mes "bidules" forment une sorte de "famille"
qu'ils sont "tous différents, mais avec tous un petit quelque chose qu'on remarque".
Je trouve aussi qu'ils ont un air de parenté, ces bonhommes,
mais que je parviens mal à définir,
si ce n'est qu'ils sortent tous des mêmes mains
et de la même caboche...
Dorham parle de leur air de "douce circonspection",
et "interrogation douce, légèrement rieuse, pleine d'autodérision en tous cas".
ce qu'Audine exprime encore en disant qu'on a "l'impression qu'ils nous observent, intrigués".
Tout cela me plait beaucoup, et j'aime bien ce regard oblique, modeste et non-frontal des choses.
C'est ce qui me touche infiniment dans la peinture chinoise et chez Paul Klee, par exemple,
qui m'ont touchés plus que tout autre forme d'art.

En tous les cas, j'adore la façon dont vous les avez abordé,
dont vous vous les êtes appropriés,
en cherchant à les connaître, à les rencontrer,
et ce les décrivant.
À l'un vous avez trouver un "coté vaudou",
à l'autre un "ptit coté pique-assiette ",
à un autre encore, un air d' "animal tout ébouriffé"...
Merci donc à tous d'avoir fait un brin de causette à mes totems et bouts de bois...
01 mai 2008
totems et bouts de bois 2

Suite de mes marottes et bricolages...
"L'art doit toujours faire un peu rire et un peu faire peu".
J'ai toujours adoré cette phrase du peintre Jean Dubuffet.
J'aimerais bien qu'il y a un tout petit peu de ça de ces petites constructions...
Le reste sans plus de commentaires.




29 avril 2008
totems et bouts de bois 1

Cette fois ci, je ne rapporte pas de croquis de mes vacances,
mais des photos,
des photos de mes bricolages bas-normands.

Ce sont des sortes de statuettes élaborées sur une dizaine d'années,
parfois repris, réarrangés, repeints, réparés.

Ce sont de petits agencements dérisoires,
des totems de fortune,
faits de morceaux de bois, de métal, de cordes, glanés ici ou là,
cloués, vissés, collés au petit bonheur la chance,
puis peints ou enduits,
au grès des trouvailles et à temps perdus.

Souvent des visages, des regards,
auxquels je dois bien reconnaître souvent une sorte de désarrois.

Les photos sont loin d'être très bonnes,
mais je vous en proposerais une seconde série sous peu...
21 mars 2008
l'oeil sur l'échelle
Il y a une très belle exposition en ce moment au Centre Pompidou, "L'oeil sur l'échelle",
consacrée à Edouard Sautai.
Cette exposition se tient jusqu'au 30 juin dans partie la Galerie des Enfants du Centre.
Comme toutes les formidables expositions de la Galerie des Enfants,
l'expo est accompagnée de dispositifs ludiques pour que les enfants s'amusent avec les notions d'échelle et les illusions qu'elles peuvent produire.

Edouard sautai est un jeune artiste né en 1965.
Il réalise, entre autre, des sortes de petits bricolages,
des petites constructions sommaires avec les moyens du bord,
à disposition sur le lieu où il se trouve.
En les photographiant, il introduit une autre dimension,
un effet de trompe l'oeil, d'illusion d'optique.
C'est un peu du Minima Art, un peu du Land Art, un peu de l'Arte Povera,
un art modeste, humble, en tous cas...
En tout cas cela produit un trouble puissant,
et plonge - me plonge en tout cas - dans une puissante réverie.

Car c'est une vraie rêverie que ces images provoque,
un songe qui renvoit à l'enfance, au jeu d'enfant,
aux rêverie, dont Bachelerd a si bien parlé,
et que l'on a tous fait avec nos chateau de sable,
ou nos agencement de Playmobil...

J'ai particulièrement aimé cette série en noir et blanc de 2002 de "Cabanes",
de frêle bicocques, frèles abris ou ermitages,
faites de mousses, de brindilles, d'écorces, de feuilles,
des huttes de Robinson Crusöé miniatures,
qui invitent à la contemplation, à la méditation,
comme ces petites bicocques perdues dans les montagnes,
telles que peintes par les artistes chinois anciens.

Il a fait d'autres images de par le monde.
Ici une photo en couleur réalisée en Corée.
Mais je trouve que la construction joue moins adéquatement avec son environnement...
On peut aller voir son site, très bien fait :
http://www.edouardsautai.com/index_hp.php

Je me suis dit aussi que ces photos plairaient surement à Archie...
21 décembre 2007
Un coup de main
Auriez vous deux minutes, vous qui passez par ici, pour aider un ami?
Cet ami, Stephan Laplanche, - avec qui j'ai usé mes fonds de culotte sur les bancs de l'Ecole des Arts Décoratifs - est peintre, et s'est inscrit à un concours en ligne.
L'idée est que l'oeuvre qu'il présente (et que voici ci dessous) remportera le concours si elle est le mieux noté par les internautes.
En cliquant sur ce lien :
http://www.saatchi-gallery.co.uk/showdown/index.php?showpic=104340
vous arrivez directement sur son image,
vous cliquez, par exemple sur la dixième étoile,
et cela fait monter sa moyenne.
Dire qu'il a toujours pester contre le système scolaire!
Cela dit il le mérite bien, car avec toute l'objectivité dont je suis capable,
je trouve que cette image est de loin l'une des plus intéressantes de celles qui sont proposée!
D'avance merci.
Pour aller plus loin, vous pouvez aussi aller voir son site
http://stephanlaplanche.free.fr
qui est d'ailleurs dans mes favoris à "l'ami peintre".
(désolé! les liens ne marchent pas il faut copier-coller l'adresse dans la barre d'adresse...)
23 septembre 2007
PIKA PIKA!
Ils sont trop forts ces japonais!
En tout cas ce collectif "Pika pika".
Voilà qu'il font des films d'animations à la lampe torche, si si!
En plus la musique est parfaitement choisie.
On sent que c'est encore un peu balbutiant,
mais peut-être prometteur...
En tout cas, je trouve ça très très beau!
...
Ah! ce petit animal lumineux qui traverse le parking!
(Pour information,
j'ai connu pika pika par un collègue qui maitrise parfaitement la question :
http://jerome.daviau.free.fr/blog/08-07/kameha.gif)
29 juillet 2007
Attention les yeux!
Encore de l'art vidéo...
Cette fois-ci c'est un bombardement de couleurs.
Il s'agit de "Tokyo Color" de Henri Foucault,
un artiste français né en 1954.
Le texte de présentation nous explique que :
"Tokyo Color est un film composé de milliers d’images fixes saisies sur Photoshop
dans une palette de calques de fonds unis.
À chaque "frame" correspond l’une des 1050 couleurs différentes qui,
multipliées par le temps du montage atteignent 4550.
La vitesse de défilement,
la vision syncopée et le scintillement des nuances font tendre vers le blanc."
Personnellement, je me serais bien passé de la bande son...
Mais en tout cas, c'est une bonne cure de lumière et de couleurs,
bienvenue en période de météo grisonnante...
27 juillet 2007
Le syndrôme de Gulliver
J'aime beaucoup cette vidéo.
C'est une oeuvre datant de 2002 de June Bum Park,
artiste coréen né en 1976.
C'est un rêve de gosse,
celui de jouer avec le monde,
celui de le manipuler comme un géant,
comme Gulliver, comme Gargantua, comme Kong Kong....


