07 mai 2008
Jimmy jouait free

J'ai appris par le camarade Z
(http://zetlejazz.canalblog.com/archives/2008/04/28/8985293.html)
la mort d'un bien passionnant et curieux jazzman,
Jimmy Giuffre,
le 24 Avril dernier à 86 ans.
Giuffre (prononcer "djioufri" d'où mon jeu de mot en titre)
est tout sauf très connu.
Quand on veut dire quelque chose,
on dit qu'il est l'auteur d'un thème célèbre, populaire en son temps,
"Four brothers" :
On dit aussi qu'il était pluri-insrumentiste,
jouant aussi bien de la clarinette, de la flûte, du saxophone.
On dit enfin qu'il était l'un des principaux représentant du style "West Coast" ou "Cool".
Dans les années 1950,
il travaille sur des expérimentations en petites formations atypiques,
des quartets ou trios sans piano,
mais avec trombone ou guitare.
Il enregistre alors des compositions ciselées,
d'étonnante miniatures usant de l'art du contrepoint
et dans lesquels le soliste s'efface au profit de l'interaction à égalité de tous les musiciens
- un peu comme dans le trio de Bill Evans à l'époque, OU chez Ornette Colman -.
Ainsi ce "Two Kinds of blues" avec Jim Hall (guitare) et Ralph Pena (contrebasse) :
En 1961, il forme un trio avec le pianiste Paul Bley et le bassiste Steve Swallow,
qui élabore une musique unique, très innovante et personnel,
une sorte de free-jazz très cérébral,
pas du tout furibard ou débridé,
mais très élégant, subtil et sophistiqué,
toujours tiré à quatre épingles.
une sorte de musique classique contemporaine improvisée,
marqué par un grand sens de la forme et de l'abstraction,
qui a énormément malqré le jazz contemporain européen.
C'était l'un des premiers trio sans batterie,
Ce qui redéfinissait l'espace sonore du jazz…
Steve Swallow a raconté comment le groupe a décider de se dissoudre une nuit,
après un concert dans un café New-Yorkais où ils avaint gagné 35 cents chacun...
Mais ce trio s'est reformé en 1989,
retrouvant la magie de leur musique des années 60,
comme dans ce "Conversation with a goose",
tiré de l'album du même nom,
chez Soul Note :
Dans les années 1970,
il s'interesse à la musique orientale et à la musique électronique,
et enregistre dans ce sens.
C'est une partie de son oeuvre dont j'ignore tout...
C'est clair, la musique exigente et difficile de Giuffre est difficile à commercialise,
et c'est en enseignant qu'il subsisté dans les années 60/70.
La musique de Guiffre et ses conceptions du jazz,
cette sorte de musique classique contemporaine improvisée,
marqué par un grand sens de la forme et de l'abstraction,
a énormément marqué le jazz contemporain européen,
particulièrement les musiciens qui ont préféré le terme "musique improvisée" à celui de "jazz",
genre dont il apparaît comme une sorte de "père"...
19 avril 2008
Il faut croire au printemps

Si la beauté et la perfection existaient en ce bas-monde,
elles pourraient ressemblait à ça, j'imagine.
"You Must Believe in Spring", l'album et le morceau de Bill Evans,
ont été enregistrés en août 1977 en trio avec Eddie Gomez (basse) et Eliot Zigmund (batterie).
C'est la reprise d'une composition de Michel Legrand pour "Les Demoiselles de Rochefort".
Tout l'album est marqué par la perte et le deuil.
Bill Evans y joue "We Will Meet Again (For Harry)"
en hommage à son frère aîné décédé Harry,
frère auquel il était très attaché,
frère pianiste classique raté,
qui aurait du réussir, qui aurait du percer,
à la place de Bill qui s'est senti coupable d'avoir utilisé sa connaissance de la musique russe et française (Debussy, Fauré, Ravel, Scriabine, Rackhmaninov...),
pour l'introduire dans le jazz et connaître ainsi la célébrité..
"B Minor Waltz (For Ellaine)" est dédié à son amante qui s'est suicidée quelques années avant.
C'est encore le dernier disque avec le bassiste Eddie Gomez,
qui a si bien accompagné Evans pendant dix ans.
Enfin c'est un disque posthume qui n'est paru qu'en 1981,
après le décès de Bill Evans le 15 septembre 1980, à 51 ans,
des suites d'une hémorragie interne après une hépatite mal soignée,
le corps épuisé par une trop longue addiction à la drogue (héroïne et cocaïne).
Bill Evans imprime à la composition de Michel Legrand une immense mélancolie,
mais aussi un lyrisme qui emporte tout.
À l'écouter, on sent qu'on peut y croire, qu'il faut y croire,
qu'un jour, c'est sûr, le printemps reviendra,
et la chaleur et la lumière nous tireront des tènèbres de la mélancolie.
(blog en pause pendant une semaine... on se retrouve Lundi 28 Avril...)
14 avril 2008
Sauvage, efficace et beau comme un riff de blues sur une guitare saturée
C'est le cortège de Dionysos qui passe.
Des filles hystérique hurlent et trépigne
devant un noir à guitare
sur laquelle il joue un riff (motif)
obstinément répété et ressassé.
C'est sauvage et hypnotique.
À ses côtés, un groupe de bacchantes ondulent.
L'une d'elle est aussi armée d'une guitare.
Un tambourinaire officie à l'arrière.
Les guitare sont reliées aux amplis par des sortes de cordons ombilicaux.
C'est quoi?
Du blues? du rock'n'roll? du rythmn' and blues? du funk?
ou un rituel zoulou, papou, zazou?
C'est à la confluence de tout ça.
C'est Bo Diddley.
C'est une musique qui vient de Chicago
avec un crochet par l'Afrique
et la brousse aux spectres et aux esprits des ancêtres.
Bo Diddley est le pseudonyme de Ellas Otha Bates McDaniel,
né en 1928 dans le Mississipi.
La légende veut que ces petits camarades lui disait :
toi tu ressembles tellement à un Bo Diddley qu'on va t'appeler comme ça.
Mais il n'a jamais su, au fond, ce qu'est un Bo Diddley...
En réalité le "diddley" est une sorte d'instrument à cordes bricolé par les noirs
pour jouer un blues primitif.
Ici il joue "Hey Bo Diddley" et "Bo Diddley"
(il a écrit des tas de morceaux où il se met en scène).
Bo Diddley est assez méconnu, au fond,
pourtant, les Stones, par exemple,
n'ont jamais vraiment fait mieux,
non?
Bo Diddley est très important pour moi.
C'est le premeir concert que j'ai été voir,
vers 14, 15 ans.
Ce bougre-là, que j'écoutais déjà avec ferveur,
passait à la fête du PCF du patelin de Normandie ou j'habitais...
28 mars 2008
Du charme discret et troublant de Patty Waters

Patty Waters...
autant l'avouer tout de suite,
je ne sais pratiquement rien d'elle…
Je ne suis pas le seul, d'ailleurs.
L'essentiel de ce que j'en sais viens du disque ci-dessus,
croisé dans une médiathèque (comme souvent!).
C'était un CD avec une assez belle photo :
"You Thrill me / a musical Odyssey (1960 - 1979)" (Water records 137).
Je ne suis pas fan à priori du soit disant genre "Jazz vocal".
Diana Krall, Nora Jones, Patricia Barber, Lisa Ekdhal...
je m'en passe très bien.
Par contre j'ai un gros faible pour Jeanne Lee, Billie Holliday, Nina Simone ou Susanne Abbuehl.
Au niveau de perfection de ces dernières,
on n'est plus dans la "chanson", toute "jazzy" qu'elle se prétende,
mais dans la musique pure, au cœur même de l'essence du jazz.
Donc, ce CD, j'ai eu envie de voir de quoi il retournait.
Pour vivre heureux vivons curieux!
Et bien ce disque m'a sonné!!
K.O. debout le Doudou!
Le disque est composé de démos, de prises rejetées, de morceaux inédits,
que Patty Waters possédait chez elle.
Curieusement il s'ouvre sur un jingle de pub pour la "Jax Beer",
chanté par la belle, d'un intérêt, disons, limité…
Mais aussitôt après, on est dans complétement autre chose.
On se retrouve projeté dans une autre dimension,
dans des ballades murmurées au bord du gouffre,
des "Georgia on my mind" à couper le souffle,
des "Fine and mellow étranglé de larmes,
des "Lover man" à tomber à genoux,
auxquels s'ajoute des compositions originales de Waters - texte et musique -
et sur lesquels elle s'accompagne elle-même au piano.
Bien souvent elle ne finit pas les morceaux,
ne va pas jusqu'au bout de la prise car l'émotion est trop grande,
et la belle se retrouve avec la voix brisée.
Coeurs sensibles s'abstenir!
Et en plus elle joue super bien du piano!
"Touched by Rodin in à Paris museum", en piano solo,
est une méditation,
un moment de poésie qui ferait fondre le plus endurci des imbéciles.
Moi-même, tenez,
qui n'en suis pourtant pas un (je me flatte de le penser),
j'en ai les larmes aux yeux!
Tant de beauté, non, c'est trop!

Mais qui est Patty Waters, alors?
Un visage d'abord, beau visage, qui évoque un peu Janis Joplin.
Elle est née "dans les années 40", du côté de l'Iowa…
Il paraît qu'elle a surtout écouté Billie Holliday,
qu'elle était l'une des chanteuse préférée de Miles Davis et de Patti Smith;
On lit qu'elle était une artiste "mythique" des sixties…
"Patty Waters sings", son premier album, sort chez ESP en 1965,
label militant du free le plus radical des 60's.
Ce serait Albert Ayler Ayler lui même qui l'aurait présenté au patron d'ESP.
L'album s'ouvre sur des ballades intimiste, minimaliste et rêveuse,
tel le "Moon don't come out tonight" ci dessus,
et se ferme par un "Black is the color of my true love’s hair" de légende,
furieusement free, qui oscille entre chuchotement et hurlement…
Ce n'est pas ce que je préfère,
mais le voici, pour se faire une idée plus complète de sa démarche :
Puis, en 1966 sort "College tour", un album live, paru sur ESP également.
Puis.. plus rien.
Vers 1968/69, Patty Waters "disparaît" en Californie.
En fait elle fuit la violence de New-York envahit par la dope.
Pendant trente ans on n'entends plus parler d'elle,
même si des rumeurs rapportent qu'elle joue ici ou là sur la côte Ouest…
En1996, sort un nouvel abum, "Love songs",
en duo avec la pianiste Jessica Williams, sur label Jazz Focus
En 2004 le "You Thrill me" dont je parle.
Et en 2005 "Happiness Is a Thing Called Joe: Live in San Francisco 2002 " (chez DBK Works)
(Je viens de la commander sur le net...).
Tous les morceaux que je connais d'elle sont des merveilles de délicatesse,
d'émotion, de sensibilité à fleur de peau, de musicalité,
des miniatures fascinantes et bouleversante.
Intensité émotionnelle,
mépris de la virtuosité et du "glamour",
mais grande projection de l'émotion...
tout y est admirable et intemporelle.
La beauté dans sa forme la plus chimiquement pure.
28 février 2008
Les plus méchants
Le livre d'image va se refermer pour quelques temps,
jusqu'au 10 mars pour cause de ballade montagnarde...
Mais je vous laisse en bonne compagnie,
entre de bonnes mains,
avec le groupe the Bad Plus,
qui interpréte "And here we test our power of observation",
dans une émission télé américaine de 2004.
The Bad Plus est un groupe de jazz qui joue du rock,
ou un groupe de rock qui joue du jazz...
comme on veut.
C'est l'alliance de l'énergie rentre-dedans du rock et du sens de l'improvisation propre au jazz.
C'est ainsi qu'ils improvisent à corps perdu sur des composition de Nirvana, Radiohead ou Bjork,
comme sur Ornette Coleman ou leurs propres compositions, comme ici.
Ils ne sont pas les seuls à le faire, certes,
c'est aussi ce que fait parfois Brad Mehldau,
mais dans une optique moins résolument rock.
Le groupe est composé de Reid Anderson au piano,
Ethan Iverson à la contrebasse,
et l'époustouflant batteur Dave King, au jeu très musclé!
Les uns comme les autres ont écouté autant de rock que de jazz dans leur adolescence,
et ont joués dans des groupes de l'un ou l'autre genre.
Ensemble ils joue une musique solide, roborative, tonique, survitaminée.
Enjoy it!
prenez soin de vous,
et à bientôt!
08 février 2008
Ciel de trane (II)
Grazie disait ici il y a quelques jours :
" Et puis peux-tu m'expliquer pourquoi tout le monde se revendique de Coltrane
(que je connais de nom et uniquement parce que Dorham en a parlé)?
Hier s'était Daniel Darcq alors que sa musique n'a rien à voir",
Je voulais te répondre, Grazie.
D'abord il faut l'écouter,
jouant ici "Impressions"
un morceau de sa composition,
avec son célèbre quartet,
Jimmy Garrison à la contrebasse,
Mc Coy Tyner au piano,
et l'ébouriffant monsieur Elvin Jones à la batterie.
J'ai appris l'existence de Coltrane il y a plus de quinze ans,
en découvrant le jazz à peu près tout seul,
en empruntant des disques dans les médiathèques,
sans guide, mais avec quelques impulsions à droite à gauche…
Petit à petit, alors que j'écoutais surtout du rock,
mes goûts se sont orientés vers le jazz.
Et la découverte de John Coltrane a été un sacré jalon, une giffle, une révélation.
J'ai aussi pu remarquer que l'œuvre de Coltrane est très largement, très souvent citée en exemple,
en exergue, en référence,
et ce en dehors même du champs du jazz.
Pourquoi, en effet, lui et pas Thelonious Monk ou Miles Davis, ou Charles Mingus, etc…?
C'est qu'il a poussé très loin une voie expérimentale en jazz,
avec son quartet que l'on voit dans la vidéo,
qui l'a suivi, comme en cordée, de 1960 à 1965.
Puis Trane à jouer avec d'autres (mais pour moi c'est plus pareil…),
jusqu'à sa mort, à quarante ans, en 1967, d'un cancer du foi...
Coltrane est sûrement un de ceux qui a fait passer le jazz de musique aimable pour club à cocktail
- ce qu'elle est toujours pour Boulez que j'entendais récemment à la radio! -
à une authentique expression contemporaine de la musique.
Car, partant du jazz, Coltrane à envoyer promener tous les codes,
toutes les conventions,
et à écrabouiller les conventions du genre,
comme un géant tempétueux,
ou un tourbillon incontrôlable.
À force d'un inlassable travail technique de son instrument,
et grâce à la puissance indomptable du bonhomme,
décuplée par la présence des membres de son quartet,
Coltrane à considérablement élargi le cadre rhytmique, harmonique, technique du jazz.
Comme un explorateur intrépide,
il a repousser sans cesse ses frontières,
faisant du jazz un musique-monde,
en intégrant entre autre la musique africaine ou indienne.
Coltrane étire ses solos, car il tient à tout dire,
tout exprimer des idées musicales qui se pressent en foule dans son esprit.
Au cours de ces longs solos tels des fleuves en crue,
Coltrane le derviche tend à jouer des"sheats of sounds" des "nappes de sons",
transes dionysiaque,
poèmes incantatoires,
emportant tout sur leur passage
poussant la musique jusqu'à la frontière du cri,
tout autant cri de jouissance,
que cri animal,
cri politique (à l'époque de Luther King, Malcolm X, et les black panthesr)
et cri lancé vers Dieu
ou plutôt tous les dieux, en mystique qu'il était
–"I believe in all religions" a-t-il dit –
En contraste, l'homme était timide, poli, discret, effacé,
tourné en dedans de lui-même
toujours studieux et soucieux d'améliorer sa technique.
C'est pourquoi, à mon avis, Coltrane reste une telle référence,
au delà même du jazz,
un synonyme de quête prométhéenne de nouveaux sons,
de défrichage de nouvelles frontières,
de dépassement de toutes les limitations,
et surtout les siennes propres,
pour garder son être toujours ouvert.
Comme le dit Vernon Reid :
"... Cela sautait aux yeux que ce type était dans une lutte intérieure permanente.
Il se battait avec une idée."
Ainsi Jimmy Hendrix était habité par Coltrane,
Et à fait pour la guitare ce que Coltrane à fait pour le sax.
Dans le rap aussi, son débit reste une référence quant au "flow",
etc…
Tu vois mieux, Grazie, peut-être, en quoi Coltrane intéresse Daniel Darc et pourquoi,
mais, comme toi, je trouve que ça n'a pas grand chose à voir...
24 janvier 2008
Art poétique
Médéric Collignon, petit par la petite trompette de poche,
- la "pocket trumpet", celle que pratiquait Don Cherry avant lui -
mais grand et fort par le tempérament.
C'est aussi un chanteur à voix,
mais pas la même, l'autre...
En plus d'être un portrait très réussis,
en un temps si bref,
d'un des musiciens français les plus "à la hausse",
je retiens ce qu'il dit sur l'écriture, et le jazz, et l'art en général.
J'y retrouve bien ce que j'aime en art en terme d'esthétique.
14 janvier 2008
le bob ne fait pas le moine
Pfoulalalala! ça c'est immense!
Voici Sonny Rollins, colosse du saxophone ténor,
dans une forme olympique à Montréal, en 1982,
interprètant le standard "My one and only love",
accompagné de Jack DeJohnette (batterie) ,
l'inamovible Bob Cranshaw (basse)
Bobby Broom (guitare) et Masuo Yoshiaki (guitare itou).
Ne pas s'arrêter au ridicule couvre-chef,
il montre à quel point l'habit ne fait point le moine,
ni le look le musicien,
comme beaucoup semblent le croire...
Rollins arpente le thème - au propre et au figuré - en tout sens,
enchaînant les chorus avec maestria,
déployant un son énorme et chaleureux,
avec un revigorant mélange d'humour et d'extrème rigueur,
de grande technicité et de fraîcheur.
Une interprétation respirant la grâce et le bonheur.
28 décembre 2007
Oscar Peterson, mort d'un aimable géant du jazz
Un aimable géant du jazz, Oscar Peterson, a cessé d’enchanter le monde le 23 décembre dernier.
Le voici à l’œuvre dans un « Salute to back »,
tel que joué le 2 Juillet 1985 à Berlin,
épaulé par Niels Henning Oersted Pedersen (généralement abrégé en NHOP) à la basse,
et Martin Drew à la batterie.
Peterson était une sorte de bon géant,
non seulement par la taille et par l’embonpoint,
non seulement à cause de sa bonhomie débordante,
mais aussi par sa discographie surabondante,
la foule de concerts qu’il a donné au quatre coins du monde,
et l’interminable liste de jazzmen petits et immenses qu’il a accompagnés un jour ou l’autre.
Peterson est né le 15 août 1925 à Montréal,
dans une famille caribéenne, originaire des Iles Vierges.
Dès 6 ans il étudie le piano classique,
mais les pianistes de jazz le fascine,
particulièrement Teddy Wilson, Nat King Cole, James P. Johnson,
mais surtout Art Tatum qu’il vénère.
C’est au milieu des années 40 que sa carrière débute vraiment.
Sa virtuosité épustouflante et ses talents de sideman ( d’accompagnateur ) ne tardent pas à le faire remarquer.
Entre autre par Norman Granz, créateur du label Verve et des tournées « Jazz at the Philarmonic »,
ce qui l’amène a accompagner un peu tout les jazzmen de l’époque :
Billie Holliday, Sarah Vaughan, Charlie Parker, Stan Getz, Lester Young, Roy Elridge, d’Ella Fitzgerald, Coleman Hawkins, Dizzy Gillespie, Milt Jackson, et tant d’autres…
Oscar Peterson, c’est le type à l’aise dans tous les contextes ou presque,
pouvant jouer bop ou stride, capable de dialoguer avec tous les style.
Dans cet exercice, il fait toujours preuve de brillant technicien,
développant un son impeccable pour un jazz mélodieux et inventif et toujours puissamment swingant.
Mais…
Mais, à mon goût, Peterson perd en originalité et en créativité, ce qu’il gagne en efficacité et en brio et en charme.
Car il n’a pas créer de style (ou alors il faut que l’on me détrompe),
mais son style est un agrégat de multiples autres styles,
et n’a pas, à mon sens, une identité forte.
C’est cependant un style toujours agréable et chaleureux,
mais dans lesquels on trouve pas mal de clichés, de formules, et d 'effets de manche.
Dans sa nécrologie publiée dans « Libération », Didier Pourquery cite Lalo Schiffrin,
qui inscrit très justement Peterson dans la tradition du « virtuose du piano improvisateur comme Chopin, tradition du jeu de bravoure qui a débuté avec Beethoven et atteint son apothéose avec Franz Liszt » .
Mais c’est un style – si c’en est un – qui a séduit de nombreux auditeurs au dehors du monde du jazz, un peu à la façon de Louis Armstrong, Ella Fitzgerald, Django Reinhart, Errol Garner, ou Michel Petrucciani.
04 décembre 2007
Ella est là :
Une pause récréative...
Voici Ella Fitzgerald s'amusant autour de la composition "One note Samba",
en juin 1969 dans un pays que j'ignore,
accompagnée par Tommy Flanagan au piano,
Ed Thigpen aux tambours et Frank de la Rosa à la contrebasse.
C'est un scat - chant improvisé avec anomatopées - loufoque,
du trapèze volant pour grosse dame,
de la haute voltige pour une gamine de 50 ans (elle est née en 1918),
un vent de folie douce,
plein d' humour surréaliste et déjanté.
Ceci pourrait aussi être de la musique contemporaine,
- la chanteuse Cathy Berberian à fait ce genre de choses -
mais ici c'est drôle, joyeux et euphorisant.
Un Tex Avery musical, l'enfance recommencée à volonté.
"Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer" dit Nietzsche.
Ella, elle, ne cache rien...
Quand je dis que le jazz fait jubiler le blues!
