l'ivre d'image

Une fenêtre ouverte sur l'atelier de François Roudot, illustrateur, sur son travail en cours, sur ses projets de dessins et d'histoires, sur ses livres et ses disques préférés...

03 novembre 2007

À tout casser!

rolandkirk

Drôle de zèbre ce « Rahsaan » Roland Kirk (1936/1977).

Ce musicien aveugle s’est fait connaître comme l’homme orchestre du jazz,
apparaissant toujours barder de tout un tas de saxophones de toutes tailles,
de flûtes, sifflets, clarinettes, conques, strich et manzello (deux instruments dont il est le seul utilisateur !),
et dans lesquels il soufflait volontiers simultanément !

C’est que vers 20 ans il fit un rêve où il se voit et s’entend jouer de plusieurs saxs,
rêve qui lui souffle aussi son surnom « Rashaan » …

Pour corser les choses,
il pratique la « respiraton circulatioire »,
une technique issue du yoga,
qui permet de lui permet de respirer tout en soufflant (si si !).

Autant dire qu'il assure le spectacle!

Il se fait connaître par son séjour de l’orchestre d’un autre furieux notoire, Charles Mingus.

Musicalement, sa musique n’est pas très complexe,
basée sur le blues et le gospel, voir la pop,
mais qu’il adore faire dérailler vers des embardée free-jazz.

Voici le personnage dans ses œuvres,
Jouant son tube « Volunteered slavery »,
son discours sur la servitude volontaire,
ici dans une version survitaminée,
et « à tout casser - au sens propre ! mais faut rester jusu'au bout...-
où il se montre discile d'Hendrix et des Who!

Avec Ron Burton - piano, Henry "Pete" Pearson - bass, Robert Shy - drums,
et l'improbale Joe "Habao" Texidor, au tambourin.

J'adore le public, plus seventies plus vrai que nature!

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12 septembre 2007

Joe en un chemin silencieux

Joe Zawinul est mort.
Il s'est engagé "en un chemin silencieux",
-"In a silent way" du nom de sa plus belles composition.-

Le voici aux claviers,
- avec un petit chapeau rigolo -
en 1991 à Paris,
accompagnant Miles Davis - revèche mais classe -
avec toute une équipe de joueurs de très haut niveaux (héhé!),
Wayne Shorter au sax soprano, Kenny Garret au sax ténor,
et Richard Patterson bassiste inconnu, bien que très bon...

Il s'agit de "It's about that time",
un morceau hypnotique avec sa rythmique de cymbale métronomique,
qui incline en cours de route vers le funk de bon aloi...

Ce morceau figure justement sur l'album "In a silent way"datant de 1969.
c'est dans cette période, avec Miles Davis,
que Zawinul à donner, à mon avis, le meilleur de lui-même,
Le jazz world planant de Weather Report étant moins mon truc.

Drôle de parcours, en tout cas, pour Josef Zawinul,
né dans la campagne autrichienne en 1932,
peu avant l'anschluss,
ce qui prédispose peu au jazz, on en conviendra...

Posté par roudodoudourou à 18:28 - fuite de jazz - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 septembre 2007

Le dernier coup de cymbale

Je parlais dernièrement ici des batteurs de jazz,
et disais tout le bien que je pensais de Max Roach.

Et j'ai appris cet été, par Libé, la nouvelle de sa mort,
le 16 Aout dernier, à 83 ans.

Le voici, bien vivant, dans ses pompes et dans ses oeuvres,
dans un petit condensé de son style,
fait de superpositions de rhytmes différents.

Il a débuté en jouant un peu avec Basie, Duke Ellington ou Louis Jordan.

Mais son "vrai" style découle de celui de Kenny Clark,
l'inventeur de la batterie Be-Bop.
Il va inventer sa personnalité musicale propre
en faisant ses armes d'artificier, au mileu des années 40,
avec les jeunes loups affamés du bop,
Parker, Gillespie, Monk, Powell, Miles...

En 1954, il codirige avec le trompettiste prodige Clifford Brown,
un superbe quintet,
une machine puissante et mirifique,
un bolide de course rutilant,
avec Harold Land, puis Sonny Rollins (ts)
Richie Powell, le frère de Bud, (p),
et George Morrow (b).
Mais la belle machine fini en carambolage,
lorsque deux ans plus tard, en 1956,
Richie Powell et Clifford Brown se tuent dans un accident de voiture...

Roach va mettre beaucoup de temps à s'en remettre,
mais va continuer à diriger des équipes de chercheurs de haut niveau,
avec, en autre Kenny Dorham ou Booker Little ("Max Roach + 4" 1956)...
et à croiser le fer avec les boppeur ou hard bopper,
avec Rollins, toujours, pour l'époustouflante "Freedom Suite" (1958),
avec Monk dans l'énigmatique "Brilliant Corners" (1956),
ou encore avec Duke Ellington et Charles Mingus,
pour un coup de maître,
le rocambolesque "Money Jungle" (1962).

À la fin des annèes 50,
commence à émerger la revendication politique des noirs,
la lutte pour les droits civiques,
avec Luther King et Malcolm X.
Max Roach en est.
il sera l'un des jazzmen les plus impliqué dans ce combat.

En témoigne son "We insist, Freedom now suite"(1960),
disque-manifeste enragé,
porté par la voix portée jusqu'au cri,
de la chanteuse Abbey Lincoln, alors son épouse.

Dans les années 60, il ne va pas, comme beaucoup,
camper sur ses positions bop,
mais tout en restant fidèle à son style,
va frotter aux allumés du Free Jazz,
Archie Shepp, Anthony Braxton, Cecil Taylor...
eux aussi impliqué très dans la lutte des noirs.

Les années 80 sont des années moins convaincantes,
avec des projets pas toujours convaincants,
des projets avec quatuors à cordes, choeurs...
Du moins il ne s'est pas contenté,
comme beaucoup de vieux boppers,
de rejouer ce qu'il jouait dans les années 40, 50.

Reste son style, son son,
extrèmement tonique et très maitrisé,
toujours net et précis, sans retouche,
brut de décoffrage.

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31 juillet 2007

Y'a pas que le jazz dans la vie (1)

Longtemps j'ai écouté beaucoup de rock.

J'en écoute beaucoup moins maintenant.
mais il me reste de gros coup de coeur,
et des disques que je réécoute volontier,
en cas de coup de blues, de spleen, ou d'humeur grognonne,
quand la vie pourrais aller meiux...

P.J. Harvey reste l'une de mes rockeuse préférée.
J'adore son chant, ses compositions, ses textes,
sa carrière magnifique et sans compromission.
Je l'avais découverte il y a plus de 10 ans par...
France Culture, mais oui,
dans une émission consacrée au rock féminin (Janis Joplin, Patti Smith, etc...)

J'ai choisi, parmis les nombreuses vidéos disponibles, celle ci,
qui la résume bien, à mon avis,
petit bout de femme seule face à un public nombreux,
seule contre tous,
- des austaliens, qui plus est... -
teigneuse et droite dans ses talons aiguilles,
interprétant une de ses plus belle chanson : "Rid of me", un uppercut...

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17 juillet 2007

Jazz à vif

Et bien finalement j'y étais, avec mon carnet de croquis, au parc Floral, dans le bois de Vincennes ce samedi 14 juillet, pour écouter le fabuleux Dave Holland Quintet, avec Dave Holland (non, rien à voir avec François Hollande..) à la basse, Nat Smith à la batterie, Steve Nelson au vibraphone et aux marimbas, Robin Eubanks au trombonne, et Chris Potter (non, rien à voir avec Harry Potter, quoique...) au saxophone ténor et soprano.

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Ce quintet de Dave Holland propose une musique très complexe, et cependant très festive, très abordable, joyeuse, vibrante, furieusement vivante, expansive et pratiquement dansante.

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Une musique qui acceuille les rythmes venu de partout, ryhmes latinos américains, antillais, africains, ou hip hopisants.

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Qui oppose ou empile ces rythmes en ruptures, en décalages, en carambolage, en déséquilibres dynamiques.

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Avec aussi des harmoniques acrobatiques évoluants sur un fil tendu sur le vide.

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Avec des solistes danseurs de corde, des funambules casses-cou, mais gracieux, près à tous les exploits pour nous éblouir.

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Chris Potter, au saxophone, fut encore une fois immense.

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Nat Smith, à la batterie, semble devenir une immense musicien, un tigre dans le moteur du groupe.

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Robin Eubanks cita "La Marseillaise" dans un de ses solos, avec beaucoup de justesse et d'à-propos!

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Sans doute l'un des plus beau groupe de jazz en activité en ce moment, avec des idées novatrice, ne refaisant pas le jazz du passé, mais un jazz pour aujourd'hui et demain, au son proprement inouïe,

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un son unique et puissant, et une joie communicative de jouer et d'inventer.

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En première partie, il y avait le sextet de Ricky Ford, avec Bobby Few au piano...Bon, bof, avec un son vraiment pas très fameux...

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Ces quelques dessins pour faire enrager encore d'avantage Télétubs qui n'y fut pas!

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13 juillet 2007

La déconstruction

On parlait de Jimmy Hendrix chez Télédorham...

J'avais envie de faire partager cette vidéo du monsieur à Woodstock,

1969.

C'est Woodstock,
le flower power, parait-il,
pas de soucis,
amour et eau fraîche.

Humm... faut voir...

1969 c'est aussi la guerre du Vietnam,
qui tourne très très mal.
Comment en parler à Woodstock?
Dénoncer? Conscientiser?

Hendrix, lui préfère exploser l'hymne américain,
le "Star Spangled Banner",
comme on peut bruler un drapeau,
le démonter façon puzzle,
le retourner comme un gant,
en une déconstruction façon Derrida,
un effrayant Picasso époque Guernica,
en une folle improvisation free à la Coltrane,
avec tout ce qu'il y faut de turbulences,
de larsens,
de stridences,
pour faire entendre - comme en sous texte -
les bombes,
les avions,
les cris...

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01 juillet 2007

Le grand Méchant Loup ne swingue pas.

C'est bien connu les petits cochons swinguent
mais pas le grand méchant loup!

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26 juin 2007

Ode aux batteurs de jazz

Ah! les batteurs!
leur rôle est essentiel dans le jazz.

Pas seulement pour marquer le temps,
ou battre la mesure,
mais pour propulser le swing,
ancrer le groupe dans le sillon du groove,
relancer le soliste ou ponctuer son discours.

Il est des batteur subtils ou puissants,
rapides ou allusifs...

Hummm...
les dix meilleurs batteurs du jazz ?
Il faut vraiment être des vieux fondus de jazz,
comme Télédorham et moi,
pour se poser ce genre de questions tordues!

Bon Chiche, et dans le désordre :

1 - Elvin Jones, c'est évident.
Là, il ratatine Art Blakey qui fait de l'esbrouffe.
Le batteur à la chemise blanche (c'est qui?)
prend une bonne raclée aussi!
J'adore la tronche de boxeur mal luné d'Elvin Jones éoutant Blakey!

2 - Max Roach.
Un échantillon de son savoir faire :

3 - Tony Williams.

4 - Billy Higgins.

5 - Paul Motian

6 - Brian Blade

7 - Roy Haynes, ben, quand même!

8 - Vernell Fournier pour son magnifique travail tout en subtilité dans le trio d'Ahmad Jamal

9 - Kenny Clark pour lequel j'ai une passion!
Ici avec Bud Powell :

10 - Ed Blackwell

Et puis tant pis, je te laisse Art Blakey, un peu trop démonstratif à mon goût,
Pete La Roca, un suiveur de Tony Williams, en fait, non?
Gene Lake très costaud mais peu subtil.
et même "le batteur fou du Muppet Show"!

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23 juin 2007

Vive les vieux!

Vive le vieux qui gardent la pèche et l'esprit en éveil!

Voici Le batteur Billy Higgins, un des 10 plus grand batteur de jazz,
et le saxophoniste Charles Lloyd,
en janvier 2001, peu de temps avant la mort de Higgins,
dans la maison de Charles Lloyd,
à Big Sur, en Californie,
pour l'enregistrement de "Wich way east?"

Voici deux maitres sages,
deux maîtres fous,
dans un fascinant face à face,
complice et malicieux,
laissant libre court à leur fantaisie,
cherchant des chemins nouveaux.

Le morceau s'appelle "Supreme Love dance",
mais en fait c'est une improvisation free-jazz d'un bout à l'autre,
au petit bonheur la chance,
à la va comme j'te pousse,
ou chacun joue et déjoue les propositions musicales de l'autre,
propose des chemins que l'autre reprend,
ou dans lequel il s'égare.

Quelle légéreté, quel inventivité, quelle sobriété dans le jeu de Billy Higgins!
Et voici le même Charles Lloyd, jeune, en 1968,
en plein babacoolisme flower power,
avec le tout jeune Keith Jarret au piano,
et Jack DeJohnette, à la batterie,
et je ne sais qui à laa basse...

Posté par roudodoudourou à 22:51 - fuite de jazz - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 juin 2007

Un peu de détente

Bon, on a été sérieux.
On a bien bossé cette semaine,
on a bossé sur Coltrane.
On s'est cultivé.
Bientôt le Week-end.
c'est le printemps.
Il fait beau.

Mais on est un peu crevés.
Il nous faudrait un truc revigorant
Un peu de jazz déconnant, voulez-vous?
Du jazz qui ne se prend pas la tête.
Qui ne trippe pas sur le chorus.
Pas mystique pour un sous.
Pas revendicatif,
Juste la fête, la déconnade,la fantaisie débridée
La joie toute nue et simple.
Un jazz funky comme tout.
Oui, mais tout aussi bon!

Voici Dizzy Gillespie,
aux "Muppet Show",
- aaaaaah! le "Muppet Show"! -
soufflant tout ce qu'il peut dans sa trompette,
de sa drôle de trompette en érection permanente,
chante et "scat",
et fait des claquettes!
si, si, c'est possible!

Mais Dizzy n'est pas qu'un clown!
Il a l'élégance de cacher sa science sous des allures de bouffons.
Un peu comme Louis Armstrong.

Une vidéo à se (re)passer les jours de grisaille!

Posté par roudodoudourou à 18:02 - fuite de jazz - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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