061009
feuilles 2 et 3


Je continue à mettre des dessins mais toujours les derniers, cet été d'août.
ça fait du bien de continuer encore un peu, même si François n'est plus là.
Ces croquis de plantes m'avaient vraiment frappé dans leur liberté.
J'aime surtout le premier, ça m'a fait penser à du Coltrane.
Je ne suis absolument pas connaisseuse mais il y a quelque chose de continu, fluide et en même temps tendu et abstrait dans cette ligne de plante. C'est mon préféré...
240909
feuilles1

herborisons...

"herborisons un peu jazzement le nez au raz du jardin Rue Jeanne d'Albret."
17/08/09
Après, un par un, quand je pourrai,
je mettrai ses dessins de plantes.
090909
oiseaux





250809
triste nouvelle
Sa compagne France Sengel et son grand frère Jean-Christophe Roudot
vous font part de leur immense douleur de vous informer que
François
a succombé en trois jours à une tumeur cérébrale fondroyante
lors de ses vacances à La Rochelle.
Si vous le souhaitez vous pouvez laisser ici vos commentaires.
Ils seront lus par France et Jean-Christophe par toute sa famille, tous ses proches et tous sa fraternité Internet.
François sera porté en terre à La Rochelle suite aux cérémonies
vendredi 28 aout à 14h30
cimetière-parc de Mireuil à côté de La Rochelle
110809
Avis de mise en disponibilité

J'ouvre à nouveau les pages du L'Ivre d'Images à la rentrée...
À bientôt!
100809
Soul Power

James Brown est dans un avion.
Avec lui, BB King, Celia Cruz, Tito Puente, The Crusaders font la nouba au dessus de l'Atlantique.
L'avion ne tombe pas à l'eau,
se pose dans un Kinshasa couvert de portraits géants de Mobutu.
À la descente de l'avion Muhammad Ali les accueille.
On dirait une histoire de fou,
un drôle de rêve, un drôle de trip,
un délire éthylique, une hallucination...
Mais non, c'est l'odyssée véridique que relate "Soul Power",
film-documentaire de Jeffrey Levy-Hinte.
Reprenons :
en 1974, l'un des plus grands matchs de boxe
de l'histoire se prépare...
Muhammad Ali tente de reconquérir son titre de
Champion du Monde face à George Foreman qui le lui a ravi. C'est l'histoire que retraçait déjà le film de Leon Gast,
le fabuleux "When we were Kings".
Les producers ricains de ce match au sommet,
ont eu l'idée baroque de lier cet événement avec un énorme festival de musique réunissant des musiciens zaïrois (Afrisa feat Tabu Ley, Pembe Dance Troup, OK Jazz),
sud africains (Miriam Makeba),
afro-cubains (Fania All Star & Celia Cruz),
et afro-américain (James Brown, The
Spinners, Bill Withers, B.B King, The Crusaders, Big Black).
Mobutu donne son aval pour que cet happening pan-africaniste se déroule à Kinshasa (Congo ex Zaïre),
en guise de pied né à l'Occident,
et de propagande vantant la réussite de la décolonisation africaine.
C'est donc là que, trois
soirs de suite, vont jouer ces titans de la musique moderne,
dans un stade de Kinshasa rempli de zaïrois en transes.
1974.
Le rêve Black Power est encore bien vivace.
Muhammad Ali balance des uppercut verbaux bien senti contre l'Amérique blanche,
James Brown, avec son célèbre jeu de jambes, n'est pas en reste.
L'ambiance est à l'utopie rigolarde, conscientisée et enthousiaste.
Il y a des étoiles dans les yeux.
Le désenchantement, sera pour plus tard.
Aussi bien les musiciens que Muhammad Ali n'ont que cela à la bouche :
ils retournent enfin en Afrique,
de là où ils viennent,
ils retrouvent enfin leurs racines,
la terre de leurs frères noirs, de leurs ancêtres,
terre dont ils furent arrachés par l'esclavage,
ils vont apprendre de cette expérience,
y puiser de nouvelles forces et de nouvelles idées...
Mais un panneau de propagande Mobutiste, filmé dans les rues de Kinshasa,
glace soudain l'enthousiasme du spectateur de 2009 :
"Le pouvoir noir (Black Power) se cherche partout dans le monde,
au Zaïre il est effectivement réalisé."
Quand on sait ce qu'a été la conception du "pouvoir noir" de Mobutu ,
on rit... mais jaune.
D'autant que cette rencontre des culture s'avère plus illusoire que réel.
Amérique et Afrique se regardent, se rencontrent, mais ne fusionnent pas.
Le fossé culturel est trop grand.
Ce rêve de rapprochement s'avérera un feu de paille,
et les musiciens américains oublierons bientôt se mirage de fusion avec leur Mère Patrie fantasmée.

1974, âge d'or de la musique Afro-américaine.
Sur scène, à Kinshasa, la Soul est plus belle que jamais :
BB King, soutenue par une rythmique de rêve transcende son blues capiteux.
Bill Withers (assez oublié maintenant) développe une sorte de folk-blues habité,
Tito Puente et Celia Cruz attisent des salsas diaboliques,
Miriam Makeba grigrite son publique,
Les Spinners déploient une soul raffiné et élégante,
Les Crusaders enflamment leur soul-jazz,
donnant au film une énergie sauvage et fraiche,
énergie dont on a tant besoin.
080809
Bande annonce
BB King et Lucille (sa guitare) à ...Kinsasha en 1974!
Wow!
Bande annonce pour un film dont je vous parle sous très peu,
"Soul Power" de Jeffery Levy-Hinte,
et dont cet hallucinant extrait est tiré.
060809
Water music
Tiens un stylo rose qui marche!
Va pour.
Je l'embarque pour une ballade avec les mômes au Parc Citroën.

il y a des jets d'eaux, des jeux d'eaux,
des jets qui montent et qui descendent en un étrange ballet.
Dans les temps de grosses chaleurs,
les gosses adorent jouer à se faire arroser.
Ils inventent alors toute une chorégraphie pour profiter au mieux de ce jaillissement de fraîcheur.


Le plaisir ne serait peut-être pas complet sans le frisson de l'interdit :
En effet des panneaux rappellent qu'il est absolument interdit de jouer dans les jets d'eaux!
Mais qui lit les panneaux lorsqu'il fait chaud?
030809
"Whatever Works" de Woody Allen

Le film commence par la rencontre de Boris Yellnikoff - interprété par Larry Charles -,
un vieux bougon caustique,
un misanthrope sympa,
un libre penseur se prétendant quasi prix Nobel de physique ,
et de Melody - interprétée par Evan Rachel Wood - ,
une jeune fugueuse qui débarque à New York,
jolie mais pas fute-fute,
pétrie d'idées toutes faites et de préjugés,
transmis par ses réacs de parents.
Boris Yellnikoff vit seul,
il consent à héberger provisoirement Melody, affamée, seule, gelée.
Deux solitudes aux valeurs antagonistes se rencontrent.
Mais le clash prévu ne se produit pas.
Loin de là.
Boris apprécie la fraîcheur naïve et la joie de vivre de Melody,
et Melody apprécie les paradoxes epicuro-cyniques de Boris.
Alors ça tourne à l'histoire d'amour et au mariage de la carpe et du lapin...
Puis ça ce corse avec l'entrée en scène de la mère de Melody,
bigote coincée et envahissante,
séparée d'un mari de la même farine,
qui ne tarde pas à débarqué aussi.
Tout ce petit monde va connaître des recompositions sentimentales inattendues,
qui bouleversent leurs valeurs étriquées,
et par lesquels ils vont trouver leur bonheur.
Une sorte de minimum syndical pour Woody.
Le film n'est pas un sommet comme "Annie Hall" ou "Match Point",
mais n'est pas un plantage comme "Vickie Cristina Barcelona".
Comme "Vickie Cristina Barcelona",
il s'agit avec "Whatever Works" d'une sorte de conte philosophique qui fait l'éloge d'un épicurisme hédoniste,
qui professe que tous les plaisirs sont bons à prendre dans ce monde de brutes,
que toutes les forme d'amour se valent - par delà le bien et le mal -
"pourvu que ça marche" ("Whatever Works").
C'est donc une petite machine de guerre rigolarde qui bouscule les valeurs religieuses conservatrices des Etats-Unis.
Et ça c'est plutôt réjouissant.
C'est aussi un peu comme une série télé en 1h30 :
les personnages passent par des tas de rebondissement et de transformations qui,
forcément, en un si court laps de temps,
ne sont pas développées du tout.
Ainsi, un homophobe convaincu va devenir un gay décomplexé en l'espace... d'un plan.
D'un côté c'est bien,
Woody ne s'encombre pas de lourdes démonstrations psychanalitico-psychologiques,
et on apprécie, sans bouder son plaisir, un récit rapide comme un conte de Voltaire,
avec quelques répliques qui font mouche.
Mais d'un autre côté,
on a l'impression d'assister à un squelette de scénario, juste une esquisse,
dans lequel les personnages sont fortement typés,
et dont le rôle resterait à développer,
incarner, à habiller de désirs, de pans d'ombres, de mystères...
Woody Allen : peut mieux faire.


