20 juin 2008
Un blog à croquer

Hoooooooo!
voici un tout nouveau blog tout beau
un blog tout chaud,
un blog de croquis et de croco :
le croco à croquis
C'est le blog de ma douce,
une as du dessin,
qui fait des images douces et drôles.
Courrez-y!
16 juin 2008
Esbjörn Svensson coule à pic
Je déteste les nécrologies.
Il faudrait toujours parler des musiciens quand il sont vivants,
pleinement vivants et pleinement créatifs.
Il y a les vieux, les très vieux musiciens :
on sent bien que Sonny Rollins ou Charles Lloyd vont nous claquer dans les doigts dans pas bien longtemps...
Mais Esbjörn Svenson, franchement...
Ce pianiste suédois super doué avait 44 ans.
Il est mort lundi d'un débile accident de plongée, non loin de Stockholm.
Il est essentiellement le créateur du Esbjörn Svensson Trio
- appelé plus souvent sous l'acronyme de E.S.T.-
avec le bassiste Dan Berglund et le batteur Magnus Ostrom.
C'est un trio bien repésentatif du jazz de ces 10 dernières années,
un jazz décomplexé, presque,
qui ne craint pas de fleurter avec le rock, l'electro ou la pop,
qui n'a pas peur de la popularité et du grand public,
qui ne postule pas à tous coups une supériorité de la marge,
du groupuscule ou de l'underground.
Du rock, E.S.T. récupère l'énergie, les mélodies accrocheuses pour l'oreille,
et un certain sens du bidouillage électronique du son,
et du jazz, il garde l'exigence harmonique et rythmique,
et le rôle centrale de l'improvisation.
Ici ils interprètent "Serenade for the Renegade",
au festival de Jazz de Juan les Pins en juillet 2003.
On peut éventuellement regretter, parfois, une certaine complaisance à l'industrie du Show-bizz,
avec l'album "Viaticum"...
(je n'aime pas quand dans les nécrologies on ne peut plus exprimer aucune réserve sur le défunt...)
Mais pour l'essentiel il s'agissait d'un trio passionnant,
riche d'une extraordinaire potentialité.
Potentialité qui a sombrée lundi, au large de Stockholm...
12 juin 2008
Konétu le poney?
Youpi! ça y est il est sorti!

Quoi?!?
Mais si, vous savez, ce fameux documentaire sur le poney,
celui qui m'a donné tellement de fil à retorde.
Vous l'avez vu naître,
- j'oserais presque dire que vous avez vu la conception... -
Voilà, il est paru aux éditions Milan.
Et ben, en plus, il est très beau,
je trouve...
Pages choisies et scannées avec les moyens du bords :







05 juin 2008
Le vaillant capitaine Coeur de Boeuf
Sans (beaucoup) de commentaires...
Le Capt'ain Beefheart & Magic Band est une figure méconnue,
un inclassable radical.
De son nom de baptème Don Van Vliet (né en 41 en Californie),
Captain Beefheart est une apparition météorique et étrange du rock,
comme une sorte d'excroissance mal controlée, une incongruauté...
On le résume souvent en disant que c'était un compagnon de route de Franck Zappa.
Mais ça n'est pas que cela, c'est un bluesman étrange,
et un compositeur pas banal, servi par une voix.... unique!
Par voie de conséquence, il n'a jamais fait de hit.
Mais c'est le genre de trucs que j'ai envie d'écouter en ce moment.
Il est ici lancé dans un blues sale difforme et crapuleux,
lors d'unconcert sur la plage de Cannes en 1968 - malheureusement tronqué...-
endroit inatendu pour ce californien de Capt'ain Beeheart...
Dommage qu'il ai passé tant de temps à bousiller son organisme par l'absorption de substances et de champignons toutes plus bizarre les une que les autres.
Il a d'ailleurs passé les dernières années à peindre plus qu'à ne jouer,
des peintures d'ailleurs pas mal du tout à mon goût...

(L'occasion aussi de signalé la disparition récente de Bo Diddley,
autre bluesman,
dont il était question il y a peu ici...)
31 mai 2008
La soif
La Soif
Andreï Guelassimov
(traduit du russe par Joëlle Dublanchet)
Éditions Actes Sud (novembre 2004)

C'est la Russie éternelle,
celle ou la vodka coule à flot,
celle de la douleur de vivre,
de la mélancolie,
et de la fête furieuse pour contrebalancer...
Mais c'est aussi la Russie actuelle, ou peu s'en faut,
la Russie poutinienne gangrénée par la guerre en Tchétchénie.
Le narrateur, le jeune Kostia, en revient de Tchétchénie.
Il en est revenu détruit,
le visage brûlé et monstrueux lors de l'incendie du blindé dans lequel il se trouvait.
Pour supporter de vivre,
il remplie à bloc son frigo de bouteilles de vodka, et s'assome en les vidant.
"La vodka c'est comme la crasse, on en trouve partout", dit Kostia.
Parfois sa voisine l'appelle pour faire obéir son fils qui est terrifié par le visage de Kostia.
Kostia est une sorte de croquemitaine.
Avec ses potes, ceux avec qui il était en Tchétchénie, Guéna, Pacha et Sérioja,
il recherche de trafics pour subsister.
Ensemble, ils boivent sec.
« On tend le bras et on se verse à boire. Ou on fait juste un signe de tête. Même quand on ne vous demande rien. On est à l'intérieur de soi comme dans un vaisseau spatial.[...] On est assis et on regarde le vide. Avec étonnement. Parce que de l'autre côté des hublots, il n'y a qu'une obscurité terne. »
Le groupe d'amis rescapés revient toujours sur ce moment où leur blindé à été attaqué par une roquette et où il a prit feu.
Ils ont cru que Kostia était mort grillé dedans.
Sérioja l'en a sorti,
mais porte en lui la culpablilité de ne pas l'avoir sorti à temps.
Ensemble ils partent à la recherche d'un quatrième larron, perdu dans Moscou, on ne sait où.
Mais Kostia a un talent qui sauve son âme du naufrage.
Un don pour le dessin qu'un directeur d'école qu'il fréquentait enfant a repéré et fait grandir
... et lui a appris à boire.
Kostia dessine tout,
sa vie,
ce peuple déglingué qu'est le peuple russe,
le monde tel qu'il est,
mais surtout tel qu'il pourrait, qu'il devrait être.
En dessinant, il répare la vie des êtres en errance qui rentre du front :
« A l'un je dessinais une femme, à l'autre une jambe. A un troisième ses amis qui avaient été tués. A un quatrième je faisais un enfant en bonne santé. A tous ces hommes je donnais de la vigueur, à leurs femmes de la beauté, à leurs enfants de la drôlerie. »
Un livre effrayant et beau, d'une stupéfiante maîtrise d'écriture, de rythme, de tempo.
27 mai 2008
Une ballade au Louvre
C'était une belle ballade dimanche dernier au Louvre.
Nous sommes allés visiter cette partie du Louvre qui expose depuis peu une collection d'art africain, océanien, améridien et asiatique, ce que l'on regroupe maintenant sous le terme d'art premier.
L'occasion, pour petits et grands, de sortir son carnet et de crobarder!

Il y avait cet étonnant personnage tout en longueur,
une grande sculpture pré-dogon.

Une suberbe Nativité Dogon,
frustre et dépouillé, mais très émouvante,
rappelant les Nativités romane du Moyen âge.
Cette oeuvre est d'ailleurs datée du XIVème siècle...
C'est d'autant plus curieux que le thème de la nativité n'est pas si courant en Afrique.

Une très marrante cuillère rituelle Zoulou aux formes féminines,
qui fait irrésistiblement penser à Picasso.

Une très impressionnante représentation du Dieu Gou, du Bénin,
dieu du feu et de la guerre,
une sculpture grandeur nature en métal,
qui rappelle les représentations des dieux du vaudou...

Un "poteau de maison cérémonielle" des iles Salomon,
tout à fait coquin et kamasoutresque!

Un masque ricanant et hallucinant de Hawaï,
en fibres tressé,
aux yeux en coquillages,
et au dents...
en dents de chiens...

Une toute petite statuette aux formes aérodynamiques des iles Carolines.

Et pour finir un adorable masque Inuit représentant un bonhomme tout désolé...
23 mai 2008
Jaco Pastorius, un tourbillon.
Là ça ne se voit pas,
mais le jeune type qui a un béret basque,
et qui ressemble à un Léonardo Di Capprio complétement déjanté,
était un génie de la basse électrique en jazz,
un virtuose indépassable de cet instrument,
et le compositeur de plusieurs thème fameux et fascinants,
ce type, donc, c'est Jaco Pastorius.
Pastorius a eu une existence tourbillonnante de génie précoce,
qui a joué tout jeune avec d'immenses musiciens,
à connu une gloire mondiale foudroyante à 25 ans au sein du groupe jazz-rock Weather Reaport,
a brulé sa vie par les deux bouts,
trop consommé de tout en même temps.
Aussi est-il devenu ingérable, insupportable, invivable pour son entourage,
ses concerts sont devenu très inégaux,
des failles psychologique sont apparues.
Et Pastorius a sombré dans la toxicomanie,
menant une vie clochardesque et erratique,
ne se produisant plus que rarement..
Il est mort à 36 ans, en 1987,
des suites d'une baggare avec un videur de boîte de nuit
qui lui refusait l'entrée de l'établissement...
L'harmoniciste, c'est tout autre chose, c'est même le contraire.
C'est Toots Thielemans, un belge débonnaire et blagueur,
de 30 ans l'ainé de Pastorius.
C'est un immense artiste aussi, un prodigieux musicien,
qui a joué avec Billie Holliday ou Bennie Goodman aux Etats-Unis dans les années 40,
et qui a ensuite mener une carrière aussi bien dans le jazz que dans la variété.
C'est le type même du musicien à l'aise dans toutes les situations,
tous les registres,
mêtant partout son grain de sel avec justesse et intégrité.
Ce qu'ils nous font là, dans une émission télé belge de 1985,
deux ans avant la mort de Pastorius,
en improvisant sur "3 views of a secret", un très beau thème de Pastorius,
ce n'est pas un duo comique, même si on pourrait presque le croire!
- dieu sait ce que Pastorius s'est injecté ou ingurgité...-
C'est un dialogue de haut vol où circule des courant d'énergies de très grande intensité,
un exercice de haute voltige, de jonglage acrobatique sans filets,
avec lâcher-prise émotionnel qui laisse pantois.
Leurs visages est un spectacle à lui tout seul ou se lit leur estime mutuelle,
et où éclatent leur génie rieur, modeste, et splendide!
20 mai 2008
J'ai un gros nez rouge

"J'ai un gros nez rouge, deux traits sous les yeux
un chapeau qui bouge, un air malicieux,
deux grandes savates, un grand pantalon,
et quand ça me gratte, je saute au plafond!"
Paru dans le numéro de Babar de Juin.




17 mai 2008
Un Arp dans les mains

Mercredi et jeudi dernier, j'ai fait un petit boulot inhabituel.
J'ai travaillé comme type à tout faire dans une grande galerie parisienne
-la galerie Denise René -
pour aider à monter une exposition de sculpture.
J'ai fait un peu de tout :
sortir les caisses du camions avec les transporteurs,
déballer les dites caisses,
dépiauter les sculptures de tous leurs emballages de papier, bullespack, carton, polystyrène,
remplir des tas de sacs poubelle avec tout ces bidules,
courrir après le camions poubelles pour les jeter dedans,
monter les sculptures qui arrivent en plusieurs parties,
dont une, en granit, un vrai casse-tête pour comprendre comme la monter,
dont une en fonte hyper-extra-maxi lourde,
disposer des socles ici ou là,
puis les redéplacer, puis une fois encore jusque ça soit bon,
poser sur les socles des sculptures lourdes en marbres,
ou coupante en métal,
ou fragiles en verre,
nettoyer les socles avec une éponge pour qu'ils soient nickel,
caler les socles bancales,
briquer des sculptures en cuivre pour qu'elles brillent bien,
et nettoyer celle en métal à mille facettes pleine de poussière pour qu'on se voit bien dedans,
chercher dans les archives les anciens catalogues des artistes exposés,
disposer es catalogues dans des vitrines avec goût,
aller à la FNAC chercher des bidules que le responsable de la galerie n'avait pas le temps d'aller chercher,
visser une vis pour accrocher un tableau relief en plomb et néon,
emballer un tableau qui trainait et le ranger dans les réserves,
dabord ranger les réserves,
et, quand c'était bien ranger,
tout redéranger afin d'aller chercher les verres pour le vernissage planquer tout au fond de la réserve,
puis ranger à nouveau la réserve,
poster des lettres, et...
aller chercher le vin pour le vernissage
(ou, bien sûr, je n'étais pas convié!).
Et il y eu un moment magique.
Quand j'ai pris un instant dans mes mains un petit Jean Arp,
une petite sculpture en plâtre,
un peu comme celle que l'on voit sur la photo ci-dessus,
légère mais dense,
et horriblement précieuse (30 000 ou 40 000 euros, je crois...).
Je me suis bien-bien lavé les mains,
me les suis bien-bien séchées (important pour le plâtre!),
j'ai respiré un grand coup,
et je l'ai porté sur quelque mètres,
comme un papa débutant portant avec précaution son bébé nouveau né.
J'ai pensé à Stephan,
qui me dit toujours que je suis un grand maladroit qui renverse toujours un truc sur mon passage
(pure calomnie!)
J'adore Arp,
c'est l'un de mes artiste préféré.
J'adore la poésie réveuse de ses sculptures et peintures,
aux formes organiques, douces, vivantes,
et qui ont toujours des titres chargés de mystère et de poésie
(Arp est aussi un poète qui écrit des poèmes).
Il est pour moi de la famille de Miro et Klee.
Je passe toujours de long moments au Centre Pompidou à contempler ses sculptures,
rêvant de les toucher, de les caresser.
Et me voici donc avec l'un d'eux entre les mains,
moment aussi bref qu'unique et fascinant,
dans la vie d'un type à tout faire.
13 mai 2008
Carrramba! encorrre rrrraté!

C'est l'histoire d'un président en "perte de vitesse dans les sondages", comme on dit,
qui vient de terminer une piteuse première année à la tête du gouvernement.
Ce président a souvent une image de xénophobe,
en tout cas de passéiste certain avec sa vision de l'"Homme africain"
et du colonialisme, qui, selon lui et quelques autres, a eu un effet "positif".
Il est de plus pour la manière forte et policière envers l'immigration de son pays,
et impitoyable envers ceux qui n'ont pas de papiers.
Il a d'ailleurs été élu grâce à des voix qui allaient auparavant à un parti d'extrème droite.
Ainsi, Aimé Césaire avait refusé de le recevoir il y a quelques années en Martinique.
Il était tout de même allé l'enterré, pas rancunier.
Cette image ne lui convient pas bien.
Il aimerait bien en changer un peu,
il se verrait bien paré d'habits plus sympas, plus humaniste,
mais sans rien changer à sa politique, bien sûr.
Juste un petit "lifting", quoi...
Alors le 10 mai dernier,
à l'occasion de la journée de la commémoration de l'abolition de l'esclavage,
il a annonce avec fracas qu'il voulait que :
«cette histoire (de l'esclavage, donc) soit inscrite dans les manuels scolaires afin que nos enfants puissent comprendre ce qu’a été l’esclavage : afin que nos enfants puissent mesurer les souffrances que l’esclavage a engendré, les blessures qu’il a laissées dans l’âme de tous ceux que rien ne peut délier de ce passé tragique»
et que donc, «la traite des Noirs, l’esclavage, ainsi que leur abolition, seront introduites dans les nouveaux programmes de l’école primaire dès la rentrée prochaine».
Quelle manque de chance!
Cette histoire là est déjà enseignée en primaire,
en CE2, CM1 et CM2 plus précisément.
Ah? et depuis longtemps?
Oh oui, depuis 6 ans, depuis 2002 exactement...
Aaah ben il le savait pas!
Ses conseillers non plus.
Son ministre de l'éducation non plus, d'ailleurs,
qui en février dernier souhaitait aussi introduire cet enseignement!
Personne donc, au ministère,
n'a du lui signaler que c'était déjà chose faite depuis belle lurette!
Que c'est beau à contempler, les rouages parfaits,
idéalement huilés et efficaces,
de la grande mécanique d'état!



