l'ivre d'image

Une fenêtre ouverte sur l'atelier de François Roudot, illustrateur, sur son travail en cours, sur ses projets de dessins et d'histoires, sur ses livres et ses disques préférés...

27 juin 2008

Wonderful town

wonderful_town_copie

C'est Takua Pa, une petite ville du littoral thaïlandais,
avec ses belles plages de sable fin,
sa mer d'émeraude et ses palmiers.

Etrangement, ce n'est pas grouillant de touristes mais désert et vide...

C'est que l'action se situe trois ans après le passage de l'effroyable tsunami qui a tué 8000 personnes dans cette ville...

En témoigne encore de grands compexes hôtelier détruits que des ouvriers reconstruisent.

Ton est un jeune architecte qui arrive a Takua Pa pour superviser les travaux de reconstruction.
Il opte pour une chambre dans petit hôtel, à l'écart de la ville et des travaux.

Cet hôtel est tenu par Na,
une jeune femme harrassée qui fait des rêves de ressac,
de vagues, douces mais inquiétantes.

Entre ces deux c'est la naissance d'un amour et une lente montée du désir,
au cours de laquelle peu de paroles sont échangées,
mais où s'opère tout un lent travail d'approche,
tout en frôlement,
évitement et attirance,
non-dit et demi-mots...

Mais cela dérange le frère de Na, un petit caïd foireux de la région...

Un magnifique film aux images somptueuses,
pour ceux qu'une certaine torpeur toute asiatique ne rebute pas mais plutôt attire,
d'autant qu'elle est brusquement brisée à la fin,
avec une brusque intrusion de la violence.

En tout cas, une excellente nouvelle pour le cinéma thaïlandais, guère pléthorique,
même si l'étonnant "Blissfully Yours" de Apichatpong Weerasethakul,
avait déjà attiré l'attention - la mienne en tout cas! - sur le cinéma thaïlandais.

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15 mars 2008

There will be blood

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1889.
Dans les plaines désertiques de Californie,
où les paysans peinent à faire pousser de maigres patates,
se font face deux monstres d'ambition,
deux grands prédateurs de nature très différentes.

D'une part Daniel Plainview (Daniel Day-Lewis),
que l'on voit tout d'abord racler le fond d'un puit obscur,
à la recherche des toutes dernières traces d'une mine d'or.

Il arrive un peu tard, c'est la fin de la ruée vers l'or.

Mais l'heure a sonné pour la fièvre d'un or nouveau,
celle de l'or noir, du pétrole.
C'est vers la prospection de cet or-là que Plainview se tourne.
Il a du nez, de la veine et du culot à revendre,
et il ne recule devant rien pour assouvir son inaltérable volonté de puissance et de richesse.

Sur les lieux d'un gisement californien particulièrement juteux,
Plainview fait la connaissance de l'autre monstre de l'histoire.
Oh comme ça il n'a l'air de rien,
il a l'air doux comme un agneau.
C'est un tout jeune pasteur (Paul Dano), un "preacher" illuminé,
prenant les allures d'un prophète doué de pouvoir de guérison,
et visité par des révélations messianiques.
En apparence, il est tout miel et tout douceur, l'humilité même.
On lui donnerait le bon dieu sans confession.

Mais celui-ci n'est pas moins ambitieux que celui-là,
lui aussi rêve d'extension, d'ouverture de succursales,
de nouveaux gisements de croyants.

Si le premier construit son empire sur la cupidité,
l'autre le fait sur la crédulité.

Mais l'un comme l'autre, entièrement voué à leur passion,
vivent dans un désert affectif,
sans père et mère ou les rejetant violemment,
sans femmes ou amantes, ou même amis,
vivant avec des enfants adoptifs qui ne sont que des outils,
de prétendus frères sortant d'on ne sait où,
d'associés efficaces et obéissants,
d' ouailles transies et soumises…

Tout au long de l'histoire ils se défient,
se servent l'un de l'autre,
tour à tour se combattent, s'humilient,
ou au contraire s'entraident…
mais cherchant toujours à dominer l'autre,
et a s'assurer la possession des âmes et des corps des péquenots du coin.

Jusqu'au brutal dénouement, à l'explosion de violence final.
There will be blood...

Au final ces deux personnage dessinent un portrait saisissant de l'identité yankee.

Le film de Paul Thomas Anderson repose sur l'interprétation magistrale des deux acteurs.
On peut trouver que Day-Lewis en fait des tonnes, un peu comme Nicholson jeune,
dans la composition de Citizen Kane barjot,
alcoolique, misanthrope, dévoré par la haine.
Mais Dano est magnifique dans le rôle.
Le plus drôle étant que c'est un sosie quasi-parfait d'Olivier Besancenot!

Enfin le film est servi par une musique somptueuse,
composée par Johnny Greenwood, le guitariste de Radiohead.
C'est une hallucinante musique d'orchestre à cordes,
qui crée un climat de tension névrotique particulièrement efficace.


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26 janvier 2008

No Country for Old Men

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Des plaines immenses, arides, désertes et brûlantes,
à la frontière entre le Texas et le Mexique.

Un certain Llewelyn, habillé à la cow-boy chasse dans ces plaines( joué par Josh Brolin).
Plus loin, des trafiquants de drogue mexicains occis, criblés de balles.
Une valise de gros biftons au milieu de ces macchabées.

Llewelyn se dit que, ma foi, cet argent arrangerait bien ses affaires.
Et puis, tant qu’à faire - on n’est jamais trop prudent - autant prendre quelques flingues aussi.


Et là ça se gâte tout de suite.
Garder le fric ça ne va pas être facile,
parce que les maffieux de la drogue voudraient bien le récupérer aussi.

Ils lancent sur les pas du pauvre Llewelyn un être des plus étrange,
mi-Golem mi-ange exterminateur,
une figure de la mort avec sa faux et son sablier,
un tueur mélancolique aussi dingue qu’effrayant,
mais affublé d’une coupe de cheveux rigolote,
qui n’hésite pas un instant à dézingué tous ceux qui se mettent en travers de sa route (interprété par Javier Bardem, hallucinant ).


Comme rien n'est simple,
le gang maffieux adverse envoie à la poursuite de Llewelyn et du barjot,
toujours dans le but de récupérer le pognon,
un autre tueur sans scrupule,
un texans pur jus - ça se voit au chapeau, à ses habits, à la carrure et au chewing gum – (Woody Harrelson).

Bref, notre Llewelyn à un sérieux problème sur le dos…
D’autant qu’il se pense le plus malin,
et qu’il tente de garder et le fric, et sa femme, et le magot.

Poursuivant tout ce petit monde,
il y a enfin un vieux shérif désabusé (Tommy Lee Jones),
lui aussi fort mélancolique, qui, malgré son attente, n’a jamais été visité par Dieu.


Affublé d’un adjoint très peu futé, il assiste impuissant au déchaînement de la violence,
et ne peut que constater l'inéluctabilité du mal
et le développement exponentiel du domaine de la tuerie…
Car ce n'est plus un pays pour le vieil homme,
toutes les frontières entre bien et mal se sont effacées,
et les codes d'honneurs jetés aux orties.

Ne reste plus qu'un monde sans Dieu livré sans pitié à la guerre de tous contre tous pour s'emparer du pognon.

Les uns poursuivent les autres sur une route sans fin,
de Charybde en Sylla,
de désert en motels,
de fusillades en fusillades…

"No Country for Old Men" des frères Coen,
adapté du roman de Cormac Mc Carthy,
est un western métaphysique sur lequel plane l'absence de Dieu et la folie meurtrière de l'homme,
où se mêle le tragique et l'humour grinçant,
et dans lequel les protagonistes délivrent en guise de dialogues des aphorismes lapidaires comme des versets bibliques.

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02 novembre 2007

La forêt de Mogari

« La Forêt de Mogari »
de Naomi Kawase (2007)

la_foret_de_mogari

« La forêt de Mogari » est une expression japonaise qui désigne le période, mais aussi le lieu du deuil, qui, éthymologiquement signifierait « la fin du deuil »…

C’est une maison de retraite à la campagne,
une maison de retraite de style expérimentale, à l’encadrement chaleureux, où « il n’y a pas de règles formelles » .

Elle se trouve à la lisière d’une immense forêt.

Il y a là, entre autres, Sigeki, un vieil homme sombre et malheureux, rendu à moitié fou par la mort de sa femme 33 ans plus tôt.
Il y a là aussi Machiko, une jeune aide-soignante, qui vient de perdre son petit garçon dans un accident.

Machiko prend soin de Sigeki.
C’est son métier, mais pas seulement.
Et peu à peu leur expérience commune, leur deuil toujours à vif, leur impossibilité à « se sentir vivants », va les rapprocher.
Et puis petit à petit les rôles s’inversent, et c’est Sigeki qui s’occupe de Machiko.

Il l’entraîne dans une randonnée éperdue dans la forêt.
Celle-ci est profonde, immense et luxuriante, palpitante,
une sorte de forêt vierge, mystérieuse et magique comme dans les films d’animation d’Hayao Miyazaki (« Mon voisin Tottoro »…).

Ils se perdent au cœur de cette forêt et éprouvent le froid pendant la nuit, l’orage, l’humidité, mais aussi l’entraide.
Mais la forêt les protège et les émerveille plus qu’elle ne les effraie.

Enfin c’est là que l’un et l’autre, seuls au monde, vont trouver la paix, et « se sentir à nouveau vivants »...

"C'est lorsque nous trouvons du réconfort dans des choses immatérielles telles que les sentiments humains, la lumière et le vent, ou l'ombre de quelqu'un qui vient de mourir, que nous pouvons alors assumer notre solitude", dit Naomi Kawase.

« La forêt de Mogari » (le dixième film de Kawase),
n’est pas un film « zen » , pas du tout un film de tout repos, mais un film magnifique.
La prise de vue respire, fluide et très mouvante.
La photographie de la nature est sublime.
Naomi Kawase capte au plus près les sentiments intimes, mais avec légèreté sans appuyer lourdement.


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18 septembre 2007

Spéciale dédicace


Nouvelle Vague
envoyé par laperitel

Juste une blague.
Une vidéo qui nous a fait mourir de rire, Jeankry et moi, cet été.
En plus, c'est un clin d'oeil,
même très tardif,
à Antonioni et Bergman.
- Mais si, je les aime bien, quand même...-

Posté par roudot francois à 22:29 - souvenirs écran - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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