l'ivre d'image

Une fenêtre ouverte sur l'atelier de François Roudot, illustrateur, sur son travail en cours, sur ses projets de dessins et d'histoires, sur ses livres et ses disques préférés...

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Bande annonce

BB King et Lucille (sa guitare) à ...Kinsasha en 1974!

Wow!

Bande annonce pour un film dont je vous parle sous très peu,
"Soul Power" de Jeffery Levy-Hinte,
et dont cet hallucinant extrait est tiré.

Posté par roudodoudourou à 19:14 - fuite de jazz - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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270609

Vidourle's blues

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Non mais!
ça commence à bien faire!

C'est quoi ces blogs qui disparaissent?

C'est quoi ces fenêtres essentielles sur la vie et le monde qui se ferment?

Voilà que c'est à présent au tour de la diseuse de Vidourle,
de l'arpenteuse des petits riens de bord rivière,
de la bricoleuse de trésors,
de la conteuse de rayons de soleils,
de mettre la clef sous la porte de sa tanière.

C'est pas que l'on n'y pense pas, parfois, à mettre les bouts,
à laisser tomber la boutique et à se cacher de la face du monde,
mais bien souvent on (c'est à dire je) se félicite de continuer encore un peu le chemin..

Alors on fait quoi, nous,
on fait quoi, les esseulés, les incosolés,
les orphelins de notre Mère Castor?...


Découvrez Louis Armstrong And The All Stars!

Posté par roudodoudourou à 22:25 - La vie en vrac - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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110109

Blues & roots ("Tous sur Mingus" project)

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"Blues & roots", blues & racines...

Des racines, Mingus n'en manque pas,
il en a dans tous les sens, des racines,
avec des ancêtres africains, asiatiques, européens…

Mais pour les USA, c'est un noir.
Point à la ligne.

Aussi, bien que Mingus ait grandi dans l'amour de la musique classique,
il s'est vu refusé une carrière de violoncelliste,
car imagine-t-on sérieusement un nègre jouer les suites pour violoncelle de Bach?

Du blues, donc, Mingus en a aussi.
Du blues teinté de colère contre la société blanche américaine qui lui a claqué la porte au nez.

Mingus opte pour un violoncelle un peu plus grand,
le violoncelle des noirs, la contrebasse,
pas la contrebasse des riches qui joue dans les orchestres symphoniques,
mais celle des pauvres et des noirs,
celle qui se pavane avec ses hanches larges, des courbes avenantes,
dans les bars, les clubs enfumés,
celle qui accompagne la musique mal famée des bas-fonds,
la musique de la transe et de la révolte.

En un mot, celle des jazz-bands.

Après avoir accompagné les héros du be-bop (Powell, Parker…),
Mingus a tenté d'allier le jazz au classique dans un mouvement appelé "third stream",
mouvement un peu décevant et très intellectualisé.

En 1959, avec "Blues & roots", il revient à ses racines, et à celle du jazz :
il revient au blues, au martèlement  lancinant de la détresse et du cafard,
sublimée par le rythme et la transe.
Par là il retrouve les racines en rizhome de l'Afrique en Amérique,
les traces à vif de l'esclavage et de la déportation,
ces traces qui vibrent dans le gospel des petites église rurale,
le jazz des bordels new-orléanais,
le blues des champs de cotons et des pénitenciers.

Mingus, tel un bouilleur de cru allumé,
concocte dans cet album une mixture forte,
un breuvage  tord boyaux qui arrachent  la gueule.

Il propulse une musique jouée  avec les " tripes ", dans l’urgence, à l'arrache, 
avec un gros son comacs de bruit et de fureur,
plein de l’intensité, de la hargne,   et du culot à revendre,
et des musiciens qui mouillent la chemise.

En effet, Mingus, comme Ellington - qu'il vénère - 
construit de belles machines orchestrales,
alimentée par de savantes et belles compositions,
de splendides cylindrées rutilantes et ronronnantes,
et qui en ont sous le capot.

Mais alors qu'Ellington conduit sa machine avec la décontraction aristocratique et distinguée d'un pilote soucieux du matériel,
Mingus adore faire foncer sa machine sur des routes escarpées,
lui faire prendre des virages en épingle à cheveux,
faire vrombir le moteur et crisser les pneus,
quitte à finir dans le décor…

La machine que Mingus assemble dans les studios d’Atlantic records de New York en février 1959, comporte, en guise de pistons et de courroies,
Booker Ervin au saxophone ténor,
Jackie Mc Lean et John Handy, au saxophone alto
Pepper Adams au saxophone baryton,
Jimmy Knepper et Willie Dennis aux trombones ans,
Horace Parlan ou Mal Waldron au piano,
et l'inamovible, l'indispensable, l'incommensurable Dannie Richmond à la batterie.

Conducteur de ce bolide, Mingus, à la contrebasse,
organise avec soin un bordel joyeux et sauvage et ,
aussi débridé que remarquablement agencé.

Ce qui fait de "Blues & roots" un des sommets indiscutables du hard-bop,
dont l'esthétique expressionniste exacerbée est l'une des portes d'entrée vers le free-jazz

***********
Ce texte fait parti d'un ensemble intiluté "Tous sur Mingus",
c'est une démarche collective de bloggeurs jazzfans - le Z-band -,
qui publient régulièrement et conjointement des articles sur tel ou tel point du jazz.

À l'occasion du trentenaire de sa mort, le 5 janvier 1979,
nous avons tous travaillé sur un aspect de Charles Mingus.

On trouvera chez Z et le jazz : "Change One & Change Two"
chez Mysterioso Jazz : "les relations de Mingus avec Dolphy"
chez Jazzque : "Mingus plays Piano"
chez Jazzocentre : "Oh Yeah!"
chez Native Dancer: ""Charles Mingus presents Charles Mingus""
chez Ptilou'blog : "Moins qu'un chien, l'autobiographie de Mingus"
chez Maitre Chronique : "Mingus Ah! Hum!"
chez Backstabber de Dorham, le petit nouveau, "Last Cha-Cha à Tijuana"
et chez Jazz à Paris : "L'évangile selon Saint Mingus"


***********

Enfin, j'ai posté un autre texte sur Mingus sur La Fabrique à Brac,
un forum où Dorham et moi participons,
et qui ne demande qu'à accueillir d'autre participant.
Mon texte s'appelle "Mingus, tu connais Mingus?".
J'y mets également en liens les blogs participants au "Tous sur Mingus Project".

Posté par roudodoudourou à 23:59 - fuite de jazz - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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131108

La dernière expérience de Mitch Mitchell

Mitch Mitchell!
Bon sang quel batteur!

Ce type a propulsé vers des sommets inégalés autant qu'inégalables,
le meilleur groupe d'Hendrix, le Jimmy Hendrix Experience, de 1966 à 1969,
le plus grand groupe de blues de tous le temps du monde.

(Car pour moi Hendrix est avant tout un bluesman,
et un grand guitariste improvisateur inscrit dans un esprit jazzique,
et c'est presque un hasard s'il a été inscrit dans le champ du rock,
principalement pour des questions commerciales
- mais c'est un autre débat...-)

Mitch Mitchell est mort, hier, dans une chambre d'hôtel à Portland, Oregon.
Il avait 62 ans.
C'était le dernier survivant du Jimmy Hendrix Experience :
Hendrix est mort à 27 ans en 1970,
et le bassiste Noel Redding, à 57 ans, 2003 ...

Le génie de Mitchell - n'ayons pas peur des mots - a été d'apporter au "rock",
un style de batterie hérité du jazz.
En effet, Mitchell a eu une formation de batteur de jazz,
et il a ainsi été influencé par les styles de Philly Joe Jones, Art Blakey et Tony Williams.

Mais un autre grosse influence, et cela s'entend très bien,
est celle du style polyrhytmique d'Elvin Jones, le batteur de Coltrane,
qui met la batterie en avant - sur la vidéo, Mitchell est carrément sur le même plan qu'Hendrix! -.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets,
Mitchell a porter aux nues le Jimmy Hendrix Experience,
comme Elvin Jones a porté au zénith le John Coltrane Quartet.

Et c'est ainsi que Mitch Mitchell est grand.

Posté par roudodoudourou à 16:54 - fuite de jazz - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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