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"La Vareuse Blanche", c'est un roman, basé sur l'expérience vécue de Melville.

Le 1 7   a o û t   1 8 4 3 , 
le jeune Herman Melville  e m b a r q u e  comme gabier,
c'est à dire comme  simple matelot,
à bord d'une frégate de guerre des États-Unis.
Le voyage durera un an,
de Hawaï à Boston,
via le Pacifique et l'Atlantique,
en passant par le terrible Cap Horn.

Ce n'est pas la première expérience de matelot de Melville,
qui s'est engagé dès 1839, à 23 ans,
comme mousse dans la marine marchande.

Mais la marine de guerre est une tout autre expérience,
une expérience rude, comme on le verra.

La "vareuse blanche",
c'est la vareuse que se bricole le narrateur,
car on ne peut lui fournir un uniforme réglementaire, en raison d'une rupture de stock.
Cette fameuse vareuse devient le surnom de celui qui la porte,
tant elle est bizarre et unique,
d'une blancheur de linceul et de fantôme,
d'une blancheur surnaturelle,
comme le sera plus tard - dès le livre suivant de Melville -
une certaine baleine géante nommée Moby Dick…

C'est une sorte de vie de forçat que vivent les marins sur cette véritable ville flottante,
sur cet "univers flottant" comme l'écrit Melville,
tout un microcosme viril et violent, uniquement masculin,
voguant sur une coque de noix,
comme sur une nef des fous.
Melville détaille les rapports de forces qui régissent cet univers,
avec sa discipline de fer et sa puissante hiérarchie,
ses grades et sous grades,
ses repas frustres et ses jeux,
sa médecine approximative,
mais surtout ses punitions corporelles.

Car c'est par cet aspect que le bouquin de Melville a connu un fort retentissement.
En effet, Melville dénonce dans "La Vareuse Blanche" l'arbitraire des punitions,
et particulièrement le système de châtiments corporelles qui avait court dans la marine de guerre américaine.

"la Vareuse Blanche" a ainsi été prise, dès sa publication, comme un véritable plaidoyer contre la pratique de   la flagellation.
Le livre aurait influencé les membres du Congrès qui débattaient alors des abus disciplinaires dans la marine   de guerre,
et qui votèrent, alors un texte  en  faveur de l'abolition de la peine du fouet .

Mais sur la frégate, ne règne pas que la tyrannie, et Melville parle également de l'amitié, de la solidarité qui unis la plupart des marins.
"Vareuse Blanche", en particulier, jeune gabier inexpérimenté, entre sous la protection bourrue et protectrice de l'inoubliable Jack Chase.

Dans "La Vareuse Blanche", l'art de conteur de Melville est à son zénith,
cet art de donner vie et souffle à ce qu'il raconte,
de façon enlevée et légère.

Et bien sûr, on retrouve tous les éléments d'un bon livre d'aventure,
toute cette poésie des termes de navigation,
les "paquets de mer" et les "huniers pris au bas ris",
les "grands voiles à ferler" et les "drisses à hisser",
bref, tout ce bric à brac de gréements et des huniers.

Tout ce bric à brac si favorable au songe et à la rêverie...

 

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"La Vareuse blanche"
de Herman Melville
l'Étrangère/Gallimard
traduit de l'anglais par Jacqueline Villaret
583 pages